{Témoignage} Cette FIV qui a changé notre vie

Par La Mariée en Colère7 min de lecture

Chaque parcours PMA est différent. Derrière les traitements, les délais d’attente et les protocoles, il y a surtout des femmes, des couples et un immense désir d’enfant. Aujourd’hui, S. a accepté de partager avec nous son histoire, celle d’un retour en parcours de PMA pour donner un petit frère ou une petite sœur à son fils. Un témoignage sincère qui rappelle que, même lorsque tout semble joué d’avance, l’espoir peut parfois réserver de belles surprises !

Photo de Jessyka Marques

Les montagnes russes émotionnelles de notre seconde FIV

Bonjour à tous les lecteurs et lectrices du blog !

Moi, c’est S. Il y a quelque temps déjà, j’étais venue ici raconter l’histoire d’une PMA heureuse, celle qui m’avait permis de devenir maman. Aujourd’hui, je reviens témoigner pour l’acte II de notre parcours vers la parentalité.

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Dès le début de notre histoire, mon compagnon et moi avions toujours imaginé une famille avec deux enfants. Lorsque notre fils a soufflé sa première bougie, nous avons décidé de lancer les essais pour un deuxième bébé, avec l’espoir de ne pas avoir à repasser par un parcours de PMA. Ma gynécologue m’avait pourtant prévenue : lorsqu’on a déjà connu un parcours de procréation médicalement assistée, il ne faut pas attendre un an avant de consulter, mais seulement six mois. Et au bout de ces six mois, il n’y avait toujours aucun bébé en route.

Nous avons alors tenté de reprendre contact avec ma gynécologue, mais elle venait de partir à la retraite. Je me suis donc tournée vers mon médecin généraliste. À la suite de notre seconde FIV ICSI, quatre embryons avaient pu être congelés. Mon médecin nous rédige une lettre de recommandation afin que nous puissions y avoir accès. C’est le début d’un nouveau parcours PMA.

Bien sûr, l’idée de recommencer n’est pas particulièrement réjouissante. Pourtant, notre état d’esprit est complètement différent de celui que nous avions pour notre premier enfant. Cette fois, nous savons où nous mettons les pieds. Nous savons que la PMA est faite d’attente, d’espoirs, parfois d’échecs… mais qu’au bout du chemin peut se trouver le plus beau des cadeaux.

Nous sommes reçus par une première gynécologue qui me prescrit plusieurs examens et me rassure. Avec un transfert d’embryon congelé (TEC), le protocole est beaucoup plus léger qu’une FIV classique. Une fois les examens réalisés, on nous annonce les délais pour rencontrer la seconde gynécologue, celle qui devra établir le protocole : six mois d’attente. Ou quatre mois, à condition d’accepter des dépassements d’honoraires. Même si nous trouvons ce système profondément injuste, nous acceptons. Je viens d’avoir 39 ans et, depuis des années, on nous répète que la fertilité diminue à partir de 35 ans, un peu plus chaque jour.

Malheureusement, le rendez-vous avec cette nouvelle gynécologue ne se passe pas comme nous l’espérions. Nous avons le sentiment qu’elle découvre notre dossier au moment même où elle nous reçoit. Puis elle nous demande : « Si les transferts d’embryons congelés ne fonctionnent pas, je suppose que vous arrêterez là ? ». Notre réponse est immédiate : bien sûr que non. Nous voulons un deuxième enfant. Si ces transferts échouent, nous souhaitons repartir sur une nouvelle FIV.

Sa réponse nous laisse sans voix. « Vu votre âge, je pensais que vous voudriez arrêter. Après 38 ans, il n’y a quasiment plus aucune chance que cela fonctionne. ». Elle nous demande ensuite de réaliser un bilan préconceptionnel auprès d’un obstétricien de son choix, avant un rendez-vous avec le biologiste. Nous sommes alors au mois de novembre. Mon rendez-vous avec l’obstétricien n’aura finalement lieu que début mars. Les délais entre chaque consultation paraissent interminables, mais ils font malheureusement partie du quotidien des couples en PMA.

Heureusement, le rendez-vous avec le biologiste suit rapidement et nous obtenons enfin le feu vert pour commencer le protocole.

Contrairement à une FIV, où l’objectif est de stimuler les ovaires afin d’obtenir des ovocytes, un transfert d’embryon congelé consiste essentiellement à préparer l’endomètre pour favoriser l’implantation de l’embryon. Le traitement est plus léger, mais je retrouve malgré tout les injections quotidiennes, la fatigue et toute la charge mentale qui accompagne cette attente. Quelques jours plus tard, après le premier contrôle, le centre de PMA m’appelle : tout est prêt. Nous sommes lundi et le transfert est programmé pour le vendredi.

Le jour J, le visage très sérieux de la biologiste m’inquiète immédiatement. Elle nous explique qu’ils ont dû décongeler trois embryons. Le premier s’est brisé pendant la décongélation. Le second est passé de quatre cellules à une seule, avec des chances d’implantation presque nulles. Seul le troisième s’est parfaitement développé. Elle nous propose malgré tout de transférer deux embryons, y compris celui dont les chances de survie sont infimes. Commence alors cette période que tous les couples en PMA connaissent si bien : celle où l’espoir et la peur se disputent chaque journée.

Neuf jours plus tard, je commence à saigner. Lors de ma première grossesse, j’avais connu des saignements d’implantation, mais ceux-ci sont beaucoup plus abondants. Je me prépare doucement à l’idée d’un nouvel échec. Les larmes sont là, malgré tout. Je réalise tout de même la prise de sang demandée pour clôturer officiellement cette tentative. Je regarde les résultats presque sans y croire. Taux de bêta-HCG : 317. Je suis enceinte.

Cette seconde grossesse sera beaucoup plus compliquée que la première. À plusieurs reprises, nous craignons de perdre notre bébé. Mais quelques jours avant le terme, notre petite fille vient au monde en parfaite santé.

Au fil des années, j’ai connu les inséminations artificielles, les FIV ICSI et les longues périodes d’attente qui rythment les parcours de PMA. Ma dernière FIV a eu lieu le 6 octobre 2020. Elle nous a permis d’obtenir six embryons. Deux d’entre eux se sont finalement accrochés à la vie et sont aujourd’hui nos deux enfants, nés à trois ans et demi d’écart. Cette FIV a véritablement changé notre vie.

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Et puis il y a cette dernière anecdote, à laquelle je repense souvent. Au tout début de ma grossesse, à deux reprises, on m’a expliqué que mon bébé semblait avoir quarante-huit heures de moins que ce qui était attendu. Quarante-huit heures… C’est précisément le temps nécessaire pour qu’un embryon passe d’une cellule à quatre cellules. Est-il possible que ce soit finalement cet embryon auquel personne ne croyait vraiment qui se soit accroché ? Je ne le saurai jamais.

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Bonjour, je m'appelle Nathalie. C'est moi qui ai créé ce blog en 2011. Au début, il était exclusivement dédié à l'organisation de mariage, aujourd'hui on y parle également de maternité et de voyages. Je suis maman d'une petite Louise depuis décembre 2015. C'est moi qui corrige et édite vos témoignages. Ce blog est mon travail à plein temps depuis 2012. Vous pouvez m'envoyer vos messages à contact(@)lamarieeencolere.com et n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour ne rien rater !

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