Placenta : pourquoi cet organe fascine autant qu’il dégoûte ?

Par Camille Levesque8 min de lecture

Pendant neuf mois, il est indispensable à la vie. Il nourrit votre bébé, lui apporte l’oxygène dont il a besoin, produit des hormones essentielles à la grossesse et joue un rôle que la médecine continue d’ailleurs d’étudier. Pourtant, quelques minutes après l’accouchement, le placenta disparaît. Pour beaucoup, il devient un simple déchet médical, pour d’autres, il représente au contraire un symbole fort, que l’on souhaite voir, conserver, enterrer ou même consommer. Il est rare qu’un organe suscite autant de réactions opposées, vous en conviendrez ! Alors, comment expliquer qu’il inspire autant de fascination chez certains et autant de dégoût chez d’autres ? On en parle sur le blog ! 

Photo de Vidal Balielo Jr.

Le placenta, cet organe essentiel dont on parle très peu

Pendant toute la grossesse, le placenta assure un rôle essentiel, pourtant rarement évoqué en dehors des consultations médicales. Sans lui, le développement du bébé serait impossible. Cet organe temporaire se forme dès les premières semaines de grossesse et agit comme une véritable interface entre la mère et son enfant. Il permet les échanges d’oxygène, de nutriments et d’anticorps tout en éliminant certains déchets produits par le fœtus. Il fabrique également plusieurs hormones indispensables au bon déroulement de la grossesse, notamment celles qui permettent son maintien et participent au développement du bébé.

Mais malgré son importance, le placenta reste largement absent de l’imaginaire collectif lorsqu’on parle de la grossesse. Les futurs parents suivent la croissance du bébé, commentent les échographies, mais s’intéressent rarement au placenta qui travaille pourtant sans relâche pendant 9 mois. Il faut savoir que même les livres consacrés à la grossesse ne lui réservent que quelques pages seulement, ce qui explique en partie pourquoi tant de femmes découvrent réellement son existence au moment de l’accouchement ! 

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Après la naissance du bébé vient la « délivrance », cette dernière étape de l’accouchement au cours de laquelle le placenta est expulsé. L’équipe médicale vérifie alors qu’il est complet et qu’aucun fragment n’est resté dans l’utérus. Cette vérification est essentielle pour prévenir certaines complications. Une fois cet examen terminé, toute l’attention se tourne naturellement vers le nouveau-né. Le placenta, lui, quitte la salle d’accouchement en passant inaperçu… 

Après l’accouchement, le placenta devient-il un déchet médical ?

C’est là que naît une grande partie du malaise autour du placenta. Pendant 9 mois, il est considéré comme un organe indispensable et quelques minutes après la naissance, son statut change. Dans les maternités françaises, il peut être examiné plus en détail lorsqu’une anomalie est suspectée ou lorsqu’une analyse est nécessaire pour mieux comprendre certaines complications de la grossesse ou de l’accouchement. Dans les autres situations, il suit un circuit très encadré par les règles sanitaires applicables aux tissus biologiques.

Ce changement surprend parfois les jeunes parents. Certaines femmes racontent avoir été étonnées de voir avec quelle rapidité le placenta été jeté après avoir joué un rôle aussi important pendant toute leur grossesse. D’autres souhaitent le voir avant qu’il ne soit évacué, simplement par curiosité ou parce qu’elles ressentent le besoin de découvrir cet organe qui a accompagné leur bébé pendant plusieurs mois. Certaines maternités acceptent de le montrer si les conditions le permettent.

La question devient plus délicate lorsque des parents souhaitent repartir avec leur placenta. Contrairement à certains pays où cette pratique est parfois autorisée sous certaines conditions, la réglementation française est beaucoup plus stricte. Cette différence nourrit régulièrement des incompréhensions, notamment chez les femmes qui découvrent sur les réseaux sociaux des témoignages de familles ayant enterré leur placenta ou réalisé différents rituels après la naissance. Pour elles, il est parfois difficile de comprendre pourquoi un organe qui a appartenu à leur propre corps ne peut pas simplement leur être remis après l’accouchement.

La médecine y voit avant tout un tissu biologique qui relève de règles sanitaires précises là où certaines familles y voient au contraire celui qui a relié la mère à son enfant pendant 9 mois. 

Enterrer, imprimer ou manger son placenta : d’où viennent ces pratiques ?

Si certaines personnes préfèrent ne plus jamais entendre parler du placenta une fois l’accouchement terminé, d’autres lui accordent une dimension beaucoup plus symbolique. Dans de nombreuses cultures, le placenta est depuis longtemps associé à la naissance, à la protection ou au lien qui unit une mère à son enfant. Il peut être enterré dans le jardin familial, il est parfois considéré comme un porte-bonheur ou fait l’objet d’un rituel marquant la fin de la grossesse. Ces traditions varient énormément d’un pays à l’autre et d’une famille à l’autre, mais elles témoignent toutes d’une même idée : le placenta n’est pas seulement un organe, il représente aussi une partie de l’histoire de cette naissance.

Ces dernières années, d’autres pratiques sont devenues plus visibles grâce aux réseaux sociaux. Les empreintes de placenta, souvent appelées « arbres de vie », en sont un bon exemple (personnellement, j’ai mon empreinte de placenta !). Une fois le placenta nettoyé, il est appliqué sur une feuille afin de laisser apparaître les ramifications de ses vaisseaux sanguins, dont la forme rappelle celle d’un arbre. D’autres préfèrent immortaliser le placenta par une photographie avant qu’il ne soit évacué. Ces démarches restent avant tout symboliques et répondent au besoin de donner une place à cet organe.

La pratique qui suscite le plus de débats est sans doute la placentophagie, c’est-à-dire le fait de consommer son placenta après l’accouchement. Il peut être cuisiné, transformé en smoothie, déshydraté puis réduit en poudre afin d’être placé dans des gélules (ça aussi j’ai eu la chance de pouvoir le faire, et depuis sa naissance, ma fille est soignée en partie grâce à l’homéopathie que nous avons fait fabriquer à partir du placenta dans un laboratoire allemand). 

Les personnes qui le consomment quant à elles évoquent souvent une meilleure récupération, une diminution du baby blues, une production de lait plus importante ou encore un regain d’énergie, même si, à ce jour, les études scientifiques disponibles ne permettent pas de démontrer clairement ces bénéfices. Cette différence entre croyances, expériences personnelles et données scientifiques explique pourquoi le sujet continue de diviser.

Pour ma part, ayant accouché à la maison, j’ai en effet pu faire l’empreinte de mon placenta, en prélever un morceau pour l’envoyer dans un laboratoire et fabriquer de l’homéopathie avec, et nous l’avons ensuite enterré dans notre jardin. Ma doula m’avait également proposé d’en prélever un morceau pour le mettre dans un smoothie mais j’ai refusé. Néanmoins, je me rends compte aussi que j’ai été privilégiée en accouchant à la maison parce que je sais que certaines de mes amies qui ont accouché à l’hôpital n’ont même pas eu la chance de le voir alors que c’était une de leur demande… Donc même si je comprends l’aspect loi, je me dis aussi que simplement de le présenter aux mamans qui le souhaitent pourraient être un premier pas pour justement lui donner toute son importance… Vous en pensez quoi ?!

Pourquoi le placenta provoque-t-il autant de fascination que de dégoût ?

Les réseaux sociaux ont offert au placenta une visibilité qu’il n’avait jamais eue auparavant. Les vidéos d’accouchement, les empreintes en forme d’arbre de vie, les témoignages de femmes ayant choisi d’enterrer leur placenta ou de le faire encapsuler circulent aujourd’hui largement. Ce qui relevait autrefois de pratiques confidentielles est désormais visible par des millions de personnes. Cette exposition nourrit autant la curiosité que les incompréhensions. Certaines découvrent ces pratiques avec intérêt, d’autres avec incrédulité, parfois même avec dégoût. Les réactions sont souvent très tranchées, alors qu’elles reposent avant tout sur des sensibilités personnelles.

Le placenta appartient autant à la médecine, puisqu’il est un organe indispensable au bon déroulement de la grossesse qu’il appartient à la maman puisqu’il l’a accompagné pendant 9 mois. Il touche également aux représentations culturelles, spirituelles et familiales que chacun construit autour de la naissance, et cest cette accumulation de significations qui explique pourquoi il continue, encore aujourd’hui, à susciter autant de fascination que de rejet ! Et pour autant, il reste l’un des organes les plus méconnus du corps humain !

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

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