Pourquoi mon choix de ne pas allaiter dérange autant mon entourage

Par Camille Levesque5 min de lecture

Aujourd’hui on vous partage le témoignage d’une maman qui a souhaité témoigner sur le poids des jugements de l’entourage proche lorsqu’on fait le choix de ne pas allaiter. Derrière cette décision intime et personnelle, souvent mûrement réfléchie, elle a eu des remarques, des incompréhensions là où il n’y avait rien à comprendre pourtant et une culpabilité qui s’est installée à cause de tout ça… 

Photo de Alina Matveycheva

Mon choix de ne pas allaiter ne devrait regarder que moi !

Bonjour à toutes les lectrices, 

Je suis maman depuis peu, et comme beaucoup de femmes, j’ai découvert que devenir mère ne signifiait pas seulement apprendre à s’occuper d’un bébé, cela voulait aussi dire apprendre à se justifier. Très vite. Sur tout. Et surtout sur un sujet précis : l’allaitement ! 

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Avant même la naissance de mon enfant, la question était déjà là. « Tu vas allaiter ? » Comme si la réponse était évidente. Comme s’il n’existait qu’une seule option valable pour les personnes de mon entourage qui me posait la question. J’ai répondu honnêtement que non, je ne souhaitais pas allaiter. J’avais réfléchi à cette décision, je m’étais renseignée et surtout, écoutée. Et pourtant, à chaque fois, j’ai senti un léger flottement suite à ma réponse. Des silences qui en disent longs et même des remarques qui fusent ! Je dois avouer que je ne m’attendais pas à autant de réactions ! Certaines étaient déguisées en conseils bienveillants : « Tu sais, c’est ce qu’il y a de mieux pour le bébé » ou « C’est quand même dommage de ne pas essayer et de faire le choix de ne pas allaiter tout de suite », « Tu verras, c’est magique ». Mais d’autres étaient bien plus franches : « Ah bon ? », suivies d’un air surpris, voire déçu. Comme si je faisais déjà quelque chose de travers avant même d’avoir commencé ! 

Ce qui m’a le plus frappée, ce n’est pas tant la question en elle-même, mais ce qu’elle sous-entendait. 

Ne pas allaiter semblait immédiatement associé à un manque : manque d’instinct maternel, manque de courage, manque d’amour parfois. Comme si nourrir son enfant autrement que par son propre corps faisait de moi une mère moins investie. Pourtant, ma décision n’a rien d’un refus de maternité. Elle est le fruit de mon histoire, de mon rapport à mon corps, de mes limites aussi. J’ai besoin de me sentir bien pour être une maman présente. J’ai besoin de dormir, de partager les repas, de ne pas vivre mon post-partum dans l’angoisse ou l’épuisement. Ce choix, je l’ai fait pour moi, mais aussi pour mon enfant. 

Ce qui est difficile, c’est de sentir que ce choix de ne pas allaiter n’est jamais totalement respecté. Même après la naissance, les remarques continuent. « Tu n’as pas essayé quand même ? », « Tu aurais peut-être dû persévérer », « C’est tellement dommage, ça passe si vite ». Comme s’il fallait que je me justifie sans cesse, que je prouve que mon bébé va bien, qu’il grandit, qu’il est aimé.

Je me suis souvent demandé pourquoi ce sujet cristallisait autant de jugements. Peut-être parce que l’allaitement est devenu un symbole. Celui de la mère parfaite, dévouée, qui se sacrifie. Peut-être aussi parce que certaines femmes projettent leur propre vécu, leurs choix, leurs difficultés. Mais ce que l’on oublie trop souvent, c’est qu’il n’existe pas une seule façon d’être une bonne mère. Je ne critique pas l’allaitement. Je respecte profondément celles qui font ce choix, celles pour qui c’est une évidence, un bonheur, ou même un combat. Mais je voudrais que l’inverse soit aussi vrai. Que le non-allaitement ne soit pas vu comme une anomalie ou une faiblesse. Qu’il ne soit pas nécessaire de se justifier, d’expliquer son passé médical, son mental, ses peurs.

Ce que je retiens aujourd’hui, c’est que la maternité est déjà suffisamment chargée émotionnellement pour ne pas y ajouter des jugements inutiles. Chaque mère fait de son mieux avec ce qu’elle est, ce qu’elle a, ce qu’elle ressent. Mon enfant est nourri, aimé, porté, rassuré. Et c’est cela, pour moi, l’essentiel mais j’aurais aimé entendre plus souvent : « Si c’est ton choix de ne pas allaiter, c’est ok. »… Sans condition, sans sous-entendu, simplement dans le respect de mon choix en fait… 

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

5 comments

  • J’ai vu mes belles sœurs galérer à allaiter et je m’étais dit que je verrais bien selon comment ça se passe. J’ai eu la chance que ça se passe bien, j’avais pris un congé parental donc j’ai pu allaiter 8 mois. Si ça avait été galère, j’aurai arrêté. Si j’avais du reprendre le travail et tirer mon lait, j’aurai arrêté. A l’introduction du biberon pour la crèche qui coïncidait avec la pousse des dents du haut et du déchirement de mon téton, j’ai fait stop et j’ai sevré bébé en quelques jours. Aucune raison de souffrir.
    J’ai eu la grande chance que mon bébé fasse ses nuits tot alors qu’il est allaité, 8h à 6semaines, 11h à 7semaines mais Il faut savoir aussi que je passais 1h par soir à allaiter mon fils pour la nuit et c’est long, j’étais jalouse de mon mari qui avait ce temps de liberté. J’ai été soulagée en vérité même si c’était vachement pratique.
    Bref à la 1ere galère j’ai arrêté car ça ne devrait pas être une souffrance mais un moment de partage fort.
    Il y a d’autres avantages à ne pas allaiter comme le partage des tâches avec le papa mais aussi le lien entre bébé et papa, mon mari avait été heureux à l’introduction de la nourriture pour avoir ce moment privilégié.
    Les 2 façons de faire ont leurs avantages et inconvénients et personne ne devrait se permettre d ejuger ou de mettre la pression, ça fait parti du couple et de l’intime.

  • Je suis actuellement enceinte de mon deuxième et je sais déjà que je ne vais pas allaiter..mon choix ça va étonné certains parce que j’avais allaiter mon premier pendant 3 ans et 3 mois! Et ça m’a traumatisé par le fait que je n’arrivais pas à le sevrer… on a pourtant tout essayé à 6 mois, puis à un an, puis à 18 mois bref il pleurait comme si c’était la fin du monde et moi avec lui épuisée.
    Il n’a pas fait donc ses nuits jusqu’à ses 3 ans et 3 mois, bien sûr une fois qu’on a arrêté l’allaitement, je ne peux pas vous expliquer l’épuisement, des fois je ne me rappelle pas de cette période, ni de comment il grandissait, heureusement qu’on a des photos/videos tellement la fatigue m’a pris ces moments qui devraient être magiques
    Maintenant, après 8 ans j’attends mon deuxième et même dans ma famille proche il y a des personnes qui malgré le fait qu’ils se rappellent très bien comment c’était dur pour moi et en sachant qu’ils nous ont jamais aidé car ils habitent à l’étranger, se permettent de remarques comme ah, tu es sûre? Tu veux même pas essayer? …ou, moi j’ai allaité mes 3 enfants et je ne suis pas morte.
    Et voilà, j’envoie tout mon soutien a toutes les mamans quelque soient leurs choix allaitement ou pas… soyez fortes, fières de vous car vous faites toutes le meilleur travail! Ecoutez vous et ne vous oubliez pas, car si la maman est bien, bébé est bien également!

  • C est pas allaiter ou non, les gens se permettent des conseils et critiques sur TOUT! les ivités au mariage, le lieu, le theme, le prénom du bebe, les choiw éducatif etc…
    Moi à l 8nverse mon beau pere m avait fait une reflexion parce que j allaitaks tjrs mon brbe de 10 mois. Je lui ai dit « à quel moment mes nibards te concerne? » Il n a plus jamais rien dit 😆

  • Bonjour,

    Je partage votre constatation, bien qu’ayant personnellement la chance d’avoir un entourage bienveillant il y a clairement pour moi depuis quelques années un diktat de l’allaitement, notamment sur les reseaux sociaux. Je le vois comme quelque chose qui s’inscrit dans la tendance generale des multiples injonctions parentales (enfin surtout maternelle) que l’on subit de toute part (et apres on se demande pourquoi les mamans sont en burn out ou font des depressions du post partum
    …).

    Pas facile de se detacher du regard des autres et de passer outre mais tout les arguments que vous avez avancés sont vrais. Votre bien etre compte autant que celui de votre bebe, il vaut mille fois mieux un bebe nourrit au lait artificiel avec une maman contente qu’un bebe au sein contre la volonté de sa mere qui s’y epuise par sensation d’obligation. Etre mere ce n’est pas s’oublier totalement, on a entierement le droit de penser à soit 🙂
    Courage pour faire face aux reflexions !

  • Bonjour,
    Je suis maman d’une fille de 3 ans. Parfois je pose la qu’aux futurs maman sur l’allaitement, mais sans sous entendu.
    On dit très souvent que l’allaitement est le mieux pour les bébés (transmission des défenses immunitaires). Mais je pense que se forcer à allaiter est hyper désagréable pour soi et pour bébé car ils le ressentent. Il faut faire ce qui est le mieux pour nous aussi.
    J’ai allaité et les premiers jours étaient très compliqués (douleurs comme des piqûres qui se dont estompées). Et j’ai du tirer mon lait quand j’ai repris le travail. Je ne regrette rien mais ça peut être considéré comme des contraintes.

    Donner le biberon c’est aussi pouvoir se reposer sur l’autre et le laisser partager ce moment avec l’enfant.

    Et les critiques et sous entendu continuent lorsque, plus tard, l’enfant ne veut pas s’endormir seul.
    Il faut se blinder et faire ses choix et tant pis si nos choix ne conviennent pas aux autres car c’est notre relation avec notre enfant.

    Bon courage

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