Le cododo : tendance ou éternel débat ?

Par Camille Levesque6 min de lecture

Il suffit de prononcer le mot « cododo » pour que les avis se divisent. Là où certains parents y voient une manière naturelle de répondre aux besoins de leur bébé, d’autres redoutent une habitude difficile à abandonner ou évoquent les risques liés au sommeil partagé. Seulement, derrière ce débat parfois très tranché, tout le monde ne parle pas forcément de la même pratique. Alors, le cododo est-il une nouvelle tendance parentale ou un éternel sujet de débat ? 

Photo de Polina Tankilevitch

Le cododo ? De quoi on parle exactement ?

Le terme « cododo » regroupe plusieurs façons de dormir à proximité de son bébé. Cette nuance est essentielle, car partager la même chambre et partager le même lit ne répondent pas aux mêmes recommandations de sécurité.

Partager la chambre sans partager le lit

Le cododo peut simplement consister à installer le lit du bébé dans la chambre parentale. Le nourrisson dort alors à proximité de ses parents, dans son propre lit ou dans un berceau spécialement conçu pour être placé contre le lit des adultes, tout en conservant un espace de couchage distinct.

Nous vous présentons les partenaires du blog, la suite de votre article juste en-dessous :

salon de alliance

livre mariage

livre mariage

Cette proximité facilite les réveils nocturnes, l’allaitement et la surveillance du bébé. Elle est d’ailleurs recommandée pendant les six premiers mois. Le site officiel des 1000 premiers jours conseille d’installer le lit du nourrisson dans la chambre des parents durant cette période, tout en précisant qu’il doit dormir dans son propre lit.

Partager le lit parental, une pratique différente

Le partage du lit signifie que le bébé dort directement sur le même matelas que l’un de ses parents ou les deux. C’est cette forme de cododo qui concentre l’essentiel des inquiétudes, car l’environnement de sommeil d’un adulte comporte des éléments inadaptés à un nourrisson : matelas parfois trop souple, oreillers, couette, risque d’enfouissement ou de chute. Parler du cododo comme d’une seule pratique entretient donc la confusion. Un bébé installé dans un berceau à côté de ses parents ne se trouve pas dans la même situation qu’un nourrisson dormant entre deux adultes sous une couette.

Pourquoi le cododo séduit autant de parents ?

Le cododo n’a rien d’une invention apparue avec les réseaux, le sujet est présent depuis bien longtemps ! Les parents qui dorment à proximité de leurs enfants ça existe depuis toujours et cette organisation reste courante dans de nombreuses cultures. Les réseaux sociaux ont surtout rendu la pratique plus visible en l’intégrant aux réflexions actuelles autour de l’allaitement, de l’attachement et du respect du rythme du nourrisson.

Les motivations des parents sont souvent très concrètes. Garder son bébé près de soi permet de réagir rapidement lorsqu’il pleure, de l’allaiter sans traverser le logement plusieurs fois par nuit et de se rendormir plus facilement. Certaines mères se sentent également rassurées par le simple fait d’entendre leur enfant respirer.

Et puis, il y a une autre réalité peu prise en compte dans les grands débats éducatifs : l’épuisement. Les premières semaines, les réveils peuvent être nombreux et les nuits très courtes. Les parents ne cherchent pas toujours à appliquer une théorie sur l’attachement, ils essaient surtout de trouver une organisation qui leur permet de dormir un peu et de tenir le lendemain, ce que je plussoie !

Pourquoi le partage du lit reste-t-il controversé ?

Les recommandations françaises sont claires (en tout cas jusqu’à ce qu’elles changent encore) : un nourrisson doit être couché sur le dos, sur un matelas ferme, dans une gigoteuse adaptée et dans un lit vide. Oreiller, couette, couverture, tour de lit, cale-bébé et objets mous doivent être écartés de son espace de sommeil.

L’Assurance Maladie recommande de garder le bébé dans la chambre parentale jusqu’à l’âge de 6 mois, sans partager le lit des parents. Elle alerte également sur le fait de s’endormir avec un nourrisson sur un canapé ou dans un fauteuil. La proximité est donc encouragée, avec un couchage séparé et adapté au bébé. Ces recommandations ne visent pas à remettre en question le besoin de contact d’un nourrisson mais permettent de limiter les risques. 

La sécurité ne doit pas devenir une guerre entre parents

Le sujet se transforme pourtant régulièrement en affrontement (surtout par écran interposé ou dans les repas familiaux). D’un côté, certains présentent le cododo comme indispensable au lien d’attachement, de l’autre, des parents sont accusés de mettre leur bébé en danger ou de lui donner de mauvaises habitudes dès qu’ils admettent l’avoir gardé près d’eux pendant la nuit.

Cette culpabilisation peut devenir contre-productive. Un parent épuisé qui s’endort parfois avec son bébé devrait pouvoir en parler à une sage-femme, à un pédiatre ou à son médecin sans craindre d’être jugé. Cacher la réalité de ses nuits empêche justement de recevoir des conseils adaptés pour sécuriser au mieux le sommeil de l’enfant. Informer clairement ne signifie pas nier les difficultés des familles. Les professionnels peuvent rappeler les règles de couchage tout en tenant compte de l’allaitement, des réveils répétés, du logement disponible et de la fatigue ressentie… La sécurité reste la priorité, mais elle se transmet plus efficacement avec des explications et des solutions qu’avec des reproches ! 

Entre proximité, sécurité et sommeil, chaque famille cherche son équilibre

Faire dormir son bébé près de soi ne l’empêchera pas de devenir autonome plus tard, tout comme l’installer dans sa propre chambre ne signifie pas manquer de proximité. Chaque famille compose avec son enfant, son sommeil, son logement et ses propres limites. Le cododo restera probablement un éternel débat parce qu’il touche à des sujets très intimes : la fatigue, l’allaitement, la sécurité, le couple et la manière dont chacun imagine son rôle de parent. Il mérite pourtant mieux qu’une opposition entre les « pour » et les « contre ». La question essentielle reste de distinguer les pratiques, de connaître les recommandations et de trouver une organisation supportable sans faire d’un choix personnel une règle universelle… 

Vous souhaitez publier votre histoire ou vos conseils sur le blog ? Déposez votre témoignage mariage ou témoignage maternité ici.

Partager :

Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

Laisser le premier commentaire