Entre amour et projet de famille : rester ou partir ?

Par Camille Levesque8 min de lecture

Décider d’avoir un enfant, c’est déjà un grand pas. Mais quand il s’agit d’un projet de famille, les choix deviennent souvent beaucoup plus complexes. Entre les envies personnelles, les projets de couple, et la réalité du quotidien, il n’est pas rare de se retrouver face à un véritable dilemme. Aujourd’hui, c’est Lucie qui nous raconte son histoire. Elle se trouve à un carrefour de sa vie : désir d’un deuxième enfant, fatigue liée à la gestion quasi seule de son foyer, et un mari qui peine à s’investir à cause de son TDA et de ses propres limites. Un témoignage touchant sur l’amour, les choix de vie et la pression de l’horloge biologique.

Photo de Daniel Duarte

{Témoignage} Mon projet de famille n’est pas celui de mon mari alors quoi faire ?

Bonjour à toutes,

Je m’appelle Lucie et avec mon mari, nous nous sommes rencontrés sur les bancs de l’école supérieure donc à 18 ans pour moi et 19 ans pour lui. Je lui ai toujours dis que je voulais une famille et que c’était dans mes projets de vie. Nous nous sommes mariés à 26 ans et nous avons eu deux chats. Je savais aussi tôt que je voulais des enfants car j’ai eu une petite sœur avec beaucoup d’écart (15 ans) et je m’en suis beaucoup occupée tant que je vivais à la maison. 

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Vers mes 29 ans j’ai remis le sujet de mon projet de famille et d’enfant sur la table et entre temps COVID etc nous n’avons pas pu faire notre voyage de noces au Japon. Il m’a dit à ce moment-là, « je ne veux pas avoir d’enfant tant que nous n’avons pas fait ce voyage ». Nous organisons donc le-dit voyage et entre temps mon stérilet avait été retiré (il était descendu trop bas dans mon col et me faisait mal). 

Pendant le voyage au Japon je rigole sur le fait que nous n’avons pas beaucoup de préservatifs et que nous allons donc pouvoir commencer les essais bébé ! Je me suis alors heurté à un mur. Il m’avait souvent dit qu’il n’était pas sûr de vouloir des enfants pour des raisons écologiques mais aussi parce qu’il est atteint de TDA (trouble déficitaire de l’attention). Ce trouble pèse déjà beaucoup sur notre couple : il oublie tout, n’arrive pas à se concentrer sur des tâches « chiantes » et le rend addict aux plaisirs à court terme (il joue beaucoup aux jeux vidéo par exemple). 

Je prends énormément sur moi pour avoir la vie et le cadre de vie qui me plait sans lui demander quoi que ce soit. Il m’a souvent dit « oui, tu vois j’ai du mal à m’investir car c’est une location. Ça sera différent quand j’aurai mon habitation ». Seulement début 2024 nous avons acheté une maison et depuis c’est moi qui fait quasiment tout. Du ménage, aux papiers, à l’entretien extérieur, aux petits travaux en passant par la gestion des ouvriers. Encore une fois je donne pour avoir ce que je veux sans lui demander de s’aligner sur l’effort car je sais que pour lui c’est superflu. Bref je divague. 

Au moment du voyage au Japon, je lui ai donc dis : « Si tu m’aimes, ne me fais pas perdre mon temps car j’ai 30 ans et j’aimerai être maman et mettre en marche notre projet de famille. Si tu ne vois pas ça dans ta vie, dis-le moi et je verrai ce que je décide ».

Je lui ai laissé un mois de réflexion et à la fin il m’a dit qu’il était ok mais qu’il fallait que j’accepte qu’il ne soit pas aussi investi que moi dans la tache parentale. Ce que j’ai accepté car c’est déjà le cas dans notre vie de tous les jours… Je suis tombée enceinte au premier essai, que j’ai perdu aussitôt, puis je suis de nouveau tombée enceinte le cycle d’après ! J’ai été très heureuse et j’ai mené une grossesse globalement sans difficulté à part que mon mari m’a beaucoup délaissée… Il ne me portait pas beaucoup d’affection, ne s’intéressait pas trop au bébé. Il est venu aux échographies et était impressionné de la taille du bébé, de ce qu’on y voyait. C’est quand même lui qui a trouvé le prénom de notre enfant et il a été d’un grand soutien au moment de l’accouchement qui a été très difficile (terminé en césarienne d’urgence).

Je garde néanmoins une amertume de ce moment que j’attendais impatiemment et du fait des petits désagréments mais surtout, du peu d’amour donné par mon mari, je n’ai pas vraiment apprécié ma grossesse.

Mon fils à 18 mois aujourd’hui et hier, mon mari me parlais de faire un grand voyage pour voir les aurores boréales. Je lui ai dit que financièrement ça allait être cher mais surtout que j’envisageais d’avoir un dernier enfant pas trop éloigné du premier. Et là à nouveau, un mur devant moi. Je me suis pourtant occupée à 90% de notre enfant et de tout le reste de notre vie et lui avec ses 10% de charge il est déjà submergé… 

En tous cas d’avoir un enfant l’a motivé pour aller voir un psychiatre pour pouvoir gérer son TDA. Selon lui « il est désemparé de voir à quel point il n’arrive pas à s’occuper de son fils alors qu’il aimerait ». Mais à côté de ça il ne vient pas avec nous aux sorties que j’organise avec mon fils ( Zoo, piscine etc). Nous organisons son suivi auprès de psychiatre mais c’est vraiment la croix et la bannière ! Premier rdv en Juin, il a passé les tests qui confirment le diagnostic et aucun moyen d’avoir un rendez-vous avec un psychiatre compétent pour lancer un traitement/accompagnement..

Bref. J’ai conscience que c’est déjà compliqué pour lui d’avoir un enfant mais de mon côté j’ai très envie d’un deuxième enfant pour ce côté famille, à vivre des choses ensemble et aussi parce que je veux offrir à mon fils un camarade de jeu avec lequel il pourra rester dans l’enfance le plus longtemps possible. J’ai été animatrice BAFA donc les groupes d’enfant je connais et j’aime cette vie débordante quand il y a plusieurs enfants.

Je me sens dans une impasse. Je sais que je ne veux pas « forcer » mon mari car j’ai eu l’impression de le faire pour mon premier et je vois le résultat, ma vie est très compliquée avec le fait de gérer tout à la maison et enfin mon projet de vie était plus une famille unie qui fait des choses ensemble. J’en arrive à me demander si je ne ferais pas mieux de le quitter pour le laisser reprendre sa vie d’ado qui lui plait et moi essayer de refaire ma vie avec un homme qui voudra cette vie de famille auquel j’aspire. Mais ce qui me déchire c’est qu’à côté de ça je l’aime. J’aime sa personnalité, sa réflexion et nos délires ensemble.

Je sens que j’essaye de le forcer à entrer dans un moule qui ne lui va pas et même si je lui ai demandé mainte et mainte fois de réfléchir s’il voulait aller plus loin dans notre vie ou me laisser partir, à chaque fois il m’a dit vouloir continuer. Par lâcheté ? Par peur d’être seul ? Par ce qu’il m’aime, bien entendu, mais pourquoi s’entêter. Et est-ce à moi de « forcer » une décision ? Dans un sens comme dans l’autre ? Le quitter ? Rester avec lui ? Une chose est sûre : je ne veux pas sacrifier mon projet de famille. J’ai bientôt 33 ans et l’horloge tourne.

Merci beaucoup de m’avoir lue

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

3 comments

  • Le TDA est le dernier (auto)diagnostic à la mode bien pratique pour justifier certains comportements et s’en dédouaner totalement.

    Un peu facile quand meme, « oui cherie c’est terrible, je ne peux pas me concentrer 15 minutes pour passer l’aspirateur, par contre jouer 3h à mes jeux vidéos là aucun problème ».
    Votre mari n’a visiblement jamais assumé son role au sein de son foyer, encore moins son role de père, et n’a jamais tenté non plus jusqu’à tres recemment de soigner son soit-disant TDA (encore que, est ce vraiment si compliqué d’obtenir un rendez vous, ou est ce qu’il s’en fiche et vous balade en vous disant qu’il cherche à voir quelqu’un ?)

    Vous avez l’air de votre coté de tres bien savoir quels sont vos objectifs de vie et ils ont l’air difficilement conciliable avec le fait de rester avec ce monsieur. Le simple fait que vous vous posiez depuis deja un moment et de facon récurrente la question de le quitter en dit long.

  • Vous avez déjà deux enfants en fait avec un conjoint qui ne fait absolument rien et qui est plus un poids mort qu’un soutien. Le TDA a bon dos je trouve, qui lui permet de vous déléguer absolument tout sans faire le moindre effort. En tout cas bon courage !

  • Bonjour !
    Vous avez preuve d beaucoup de resilience toute au long de ces années où vous avez tenu votre couple à bout de bras.
    Vous dites que vous continuez à l’aimer malgré tout et que c’est pour ça que vous restez; cependant, de son coté, il n’a entamé les démarches pour traiter son trouble que lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas s’occuper de son fils « alors qu’il le souhaitait » !
    Il n’a jamais fait cet effort pour vous qui vous démenez pour lui depuis des années.
    J’ai vu beaucoup de posts semblables aux votre sur d’autres médias et les personnes atteintes de ce trouble qui répondaient soulignaient toujours que lorsqu’on aime et respecte son conjoint, on met en place des techniques pour éviter de le laisser tout porter, ou on se prend en charge pour entamer la recherche d’un traitement qui permette d’améliorer les symptômes.
    Quoi que vous en pensiez, votre partenaire ne vous respecte pas assez pour faire cet effort pour vous: c’est toujours vous qui vous êtes adaptée, bien loin de le faire rentrer dans un moule qui ne lui conviendrait pas.
    Si ce que vous lui demandiez ne lui convenait réellement pas, il était parfaitement capable de le dire et de vous quitter plutôt que de se faire imposer maison et famille.
    Je pense qu’il faut que vous vous demandiez ce qui serait le mieux pour vous (et par extension pour votre petit garçon qui souffrira forcément de voir sa maman toujours devoir se plier en quatre pour que tout tienne).

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