Deuxième enfant : comment faire le deuil d’un bébé qui n’existe pas ?

Par La Mariée en Colère4 min de lecture

Après une grossesse difficile, ils étaient tous les deux convaincus qu’ils n’auraient qu’un seul enfant. Mais avec le temps, le désir de notre lectrice d’agrandir leur famille est revenu, alors que celui de son mari a disparu. Entre espoir, résignation et culpabilité, elle raconte cette impression de vivre un deuil impossible à faire tant que la porte n’est pas complètement fermée. Un témoignage sur le désir d’enfant, les désaccords dans le couple et le chemin parfois long vers l’acceptation à découvrir sur le blog…

Photo de Fadime Demirtaş

J’ai l’impression d’être en deuil tout en gardant l’espoir

Bonjour à toutes,

Je me retrouve complètement dans les témoignages publiés ici et, à chaque lecture, je me sens un peu moins seule.

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Aujourd’hui, je vis une situation que j’ai beaucoup de mal à accepter. Après une grossesse particulièrement compliquée, mon conjoint ne souhaite plus avoir de deuxième enfant. Juste après la naissance de notre fille, nous étions pourtant d’accord. Cette grossesse avait été difficile, éprouvante, presque traumatisante par moments. À cette époque, je n’avais pas non plus envie de revivre une telle expérience. Mais les années ont passé. J’ai découvert la maternité, celle du quotidien, celle qui me comble profondément. Plus je vois grandir ma fille, plus l’envie d’avoir un deuxième enfant s’est imposée à moi.

Mon mari, lui, est resté sur sa position. Au début, c’était un non catégorique. Puis, en voyant à quel point cette décision me faisait souffrir, son discours a changé. Il me dit désormais qu’il n’en a « pas envie pour le moment ». Il plaisante parfois sur un hypothétique deuxième bébé. Comme si le sujet n’était plus totalement fermé. Et c’est justement ce qui me fait le plus souffrir.

J’ai l’impression de vivre un deuil sans pouvoir réellement le commencer. Je continue à espérer parce que cette petite porte semble rester entrouverte, mais je me demande souvent si ce n’est pas simplement une façon de me protéger. Parfois, je me dis qu’il espère peut-être que le temps fera son œuvre et que cette envie finira par disparaître. Pendant ce temps, je reste suspendue entre deux possibilités.

J’essaie de ne pas être triste lorsque des amies annoncent leur grossesse ou accueillent leur deuxième enfant, mais je réalise que cela me bouleverse beaucoup plus que je ne voudrais l’admettre. Je sens aussi que cette situation m’affecte profondément. Je me renferme peu à peu. J’ai l’impression de passer à côté de ma vie actuelle, de ne pas profiter pleinement de notre bonheur à trois alors que, pourtant, j’aime profondément notre famille. Il y a même des périodes où je ne supporte plus mon mari, alors que je l’aime sincèrement. Je n’arrive plus à lui témoigner mon affection. Je me sens bloquée, prisonnière de mes pensées. Cette distance nous fait souffrir tous les deux et je ne sais plus comment sortir de cette spirale.

Ce qui est encore plus perturbant, c’est que des pensées totalement contradictoires viennent parfois s’ajouter à tout cela. Je me surprends à me demander si je pourrais aimer un deuxième enfant autant que ma fille. Je me demande si elle ne se sentirait pas trahie. Je cherche presque inconsciemment toutes les bonnes raisons de me convaincre qu’un enfant unique serait finalement le meilleur choix pour notre famille. Alors je ne sais plus vraiment où s’arrête mon désir de deuxième enfant et où commence la résignation.

Est-ce que j’essaie réellement de faire le deuil de cette envie ? Ou est-ce que je cherche simplement à me protéger de la douleur ? J’aimerais réussir à me dire qu’après tout, avoir un seul enfant n’est pas un échec et que notre bonheur ne dépend pas forcément d’une deuxième grossesse. Aujourd’hui, je n’y arrive pas encore. Et ce qui est sans doute le plus difficile, c’est que je ne parviens même pas à expliquer pourquoi ce deuxième enfant est si important pour moi.

J’ai finalement pris rendez-vous avec une psychologue. Mon premier rendez-vous est prévu en octobre. J’espère que cela m’aidera à remettre un peu d’ordre dans mes pensées, à comprendre ce que je ressens réellement et, surtout, à retrouver une forme d’apaisement, que notre famille reste à trois ou qu’un jour les choses évoluent.

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Bonjour, je m'appelle Nathalie. C'est moi qui ai créé ce blog en 2011. Au début, il était exclusivement dédié à l'organisation de mariage, aujourd'hui on y parle également de maternité et de voyages. Je suis maman d'une petite Louise depuis décembre 2015. C'est moi qui corrige et édite vos témoignages. Ce blog est mon travail à plein temps depuis 2012. Vous pouvez m'envoyer vos messages à contact(@)lamarieeencolere.com et n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour ne rien rater !

2 comments

  • Bonjour,
    Je voulais savoir, pour les femmes qui ont des difficultés à enfanter, est-ce que l’adoption a déjà été abordée parmi vous?
    Plusieurs personnes ne veulent que des enfants biologiques, c’est entendable, mais la plupart des opinions semble basée sur l’inconnu : peur que l’enfant adopté ne vous rejette, peur d’une différence, peur des géniteurs qui reviennent etc.

    Pour ma part, je viens d’une famille où ma mère a eu du mal à avoir un premier enfant, puis ne pensait plus en avoir d’autres avant que je ne vienne au monde. Elle en voulait au final un troisième et a adopté un cousin seule.

    La préférence de ma mère va carrément à ce dernier (mais ça c’est une autre histoire). Elle a adopté quelqu’un de la famille, donc il connait ses racines, mais ce petit est un rayon de soleil, donc je me pose souvent des questions sur l’adoption. Plus tard, j’envisage également une adoption, avant même une grossesse.

    Donc si le désir d’enfant est vraiment important, avez-vous envisagé d’ouvrir votre famille à un enfant qui n’a plus la sienne?

  • Comment tu vas depuis ? Je vis la emme situation pour un troisième je ressens tout ce que tu écris

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