Burn-out maternel : le syndrome de la Superwoman

Par Camille Levesque6 min de lecture

Il suffit de scroller sur les réseaux sociaux pour avoir l’impression que certaines femmes possèdent un super-pouvoir dont nous aurions été privées à la naissance ! Elles travaillent, élèvent leurs enfants, préparent des repas équilibrés, organisent les anniversaires, entretiennent leur vie de couple, trouvent le temps de faire du sport, de voir leurs amies et semblent même parvenir à boire leur café avant qu’il ne soit froid (improbable !). Et je dois avouer que même en sachant que cette image est souvent partielle et baisée, une petite voix continue pourtant de nous souffler qu’on pourrait peut-être faire davantage… 

Et si cette quête permanente d’amélioration était justement ce qui nous éloignait peu à peu de notre équilibre ?

Car derrière l’image séduisante de la Superwoman qui réussit tout se cache parfois une réalité beaucoup moins reluisante : celle du burn-out maternel. Un épuisement qui ne touche pas uniquement les mères débordées, mais aussi celles qui ont passé des années à vouloir être irréprochables ! 

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Comment le mythe de la Superwoman s’est imposé dans nos vies

Être une bonne mère ne semble plus suffire

Pendant longtemps, les attentes envers les femmes étaient déjà nombreuses, et aujourd’hui, elles se sont additionnées à encore plus de choses (quelle joie n’est-ce pas !). La mère moderne est censée être présente à la sortie de l’école, impliquée dans les devoirs, attentive aux émotions tout autant qu’investie dans sa carrière, disponible pour son conjoint, soucieuse de sa santé, de son apparence, de son développement personnel et, si possible, capable de préparer des goûters maison qui ressemblent à des œuvres d’art ! Le plus étonnant là-dedans, c’est que cette accumulation d’exigences est comme devenue « une norme », à tel point que beaucoup de femmes considèrent désormais comme logique de jongler en permanence entre une dizaine de responsabilités sans jamais s’autoriser à questionner le poids qu’elles portent… 

Cette pression que nous finissons par nous imposer à nous-mêmes

Le problème des injonctions, c’est qu’elles finissent souvent par devenir notre propre discours intérieur. Au fil du temps, la pression extérieure se transforme en exigences personnelles. Nous ne faisons plus les choses parce qu’il le faut, mais parce que nous avons intégré l’idée qu’une « bonne mère » doit être capable de tout gérer.

Alors nous nous comparons et quand nous n’atteignons pas le niveau de performance que nous pensons voir ailleurs, nous ne remettons pas en question le modèle mais bien nos propres capacités, et c’est là que se trouve le piège ! 

Quand vouloir tout gérer devient un facteur de risque pour le burn-out maternel

Le perfectionnisme est souvent présenté comme une qualité. Il permet d’être rigoureuse, investie, consciencieuse, pourtant, lorsqu’il s’invite dans la maternité, il peut rapidement devenir un fardeau ! La mère perfectionniste veut répondre à tous les besoins, anticiper tous les imprévus, éviter toutes les erreurs… Cette recherche permanente du « mieux » finit alors par devenir une source d’épuisement à part entière.

Pourquoi les femmes les plus investies sont souvent les plus exposées

Lorsqu’on évoque le burn-out maternel, beaucoup imaginent une mère dépassée par les événements, incapable de faire face aux exigences du quotidien mais la réalité est souvent différente.

Les femmes les plus exposées sont parfois celles que tout le monde admire : parce qu’elles sont compétentes, elles reçoivent davantage de responsabilités, parce qu’elles sont fiables, on leur délègue davantage de choses, parce qu’elles aiment profondément leurs proches, elles acceptent de porter toujours plus… Elles deviennent alors le pilier de tout un système, jusqu’au jour où leur propre équilibre commence à vaciller. 

Les signes qui montrent que l’on approche de ses limites

La fatigue qui ne s’amenuise pas 

Toutes les mères connaissent la fatigue mais l’épuisement maternel se distingue par son caractère persistant. Même lorsqu’une occasion de récupérer se présente, la sensation de fatigue demeure et le repos n’apporte plus le soulagement attendu.

Certaines femmes décrivent l’impression d’avancer avec des batteries constamment vides, d’autres évoquent une difficulté à se concentrer, des oublis fréquents ou une sensation d’être en pilote automatique. Le corps continue à avancer parce qu’il le faut, mais l’énergie n’est plus réellement là.

Le sentiment de ne plus se reconnaître

L’un des signes les plus troublants du burn-out maternel c’est la perte progressive de soi. Les activités autrefois appréciées n’apportent plus de plaisir, la patience diminue, l’irritabilité, elle, augmente. Certaines mamans ont le sentiment de devenir la version d’elles-mêmes qu’elles ne voulaient justement jamais être ! 

Évidemment, elles aiment toujours leurs enfants et continuent de prendre soin d’eux mais elles ne parviennent plus à retrouver l’élan, la spontanéité ou la joie qui les animaient auparavant et cette sensation de décalage est souvent douloureuse puisqu’elle s’accompagne très souvent d’une culpabilité supplémentaire… 

Et si la véritable force consistait à renoncer à être parfaite ?

Relâcher la pression ne signifie pas renoncer à nos exigences ou à nos valeurs. Maintenant que ça, c’est dit, sachez qu’accepter de ne pas tout maîtriser signifie simplement reconnaître qu’il existe une différence entre faire de son mieux et vouloir être parfaite ! Les enfants n’ont pas besoin d’une mère irréprochable mais d’une mère suffisamment disponible émotionnellement pour être présente auprès d’eux. Et si besoin, on a le droit de demander de l’aide (même si j’entends tout à fait que c’est difficile !). Mais déléguer ce n’est pas une faiblesse, bien au contraire même ! Partager la charge mentale, accepter du soutien et reconnaître ses limites relève davantage de la lucidité que de l’échec ! Et puis personnellement je trouve que c’est un super exemple pour nos enfants qui grandissent auprès d’une maman qui leur montre qu’il est possible d’être compétente sans être parfaite, forte sans être invincible et aimante sans s’oublier elle-même ! Une mère n’a donc pas besoin d’être une héroïne pour être une bonne mère ! 

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1 comment

  • Très joli témoignage. Merci de partager ces articles. Sujet qui en mon sens est tabou et pas assez parlé avant la grossesse. Il n’y a pas assez d’information et surtout savoir quoi faire quand ça arrive. Permettre aussi au père de pouvoir réagir et avoir les clés en main. Courage à toutes les mères qui passe par la dépression post portum.

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