AVC post-partum : J’ai fait un AVC une semaine après mon accouchement 

Par La Mariée en Colère6 min de lecture

Souvent, la maternité est idéalisée. On imagine un accouchement avec plein d’émotions, le premier peau à peau, les premiers jours fusionnels avec bébé… mais parfois, la réalité est tout autre. Certaines femmes vivent des complications graves après l’accouchement, qu’on évoque encore trop peu. Aujourd’hui, c’est Sarah qui a accepté de nous confier son histoire bouleversante. Une césarienne compliquée, un AVC post-partum survenu quelques jours plus tard, une rééducation difficile… mais aussi, au cœur de tout cela, une immense force de vie. Un témoignage fort sur la résilience maternelle et le courage de celles qui se battent, jour après jour, pour elles et pour leurs enfants.

Photo de Karola G

{Témoignage} AVC post-partum : comment tout s’est passé

Bonjour à toutes,

Je m’appelle Sarah, j’ai 36 ans et je suis maman d’une petite fille incroyable ! Si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que mon accouchement et les semaines qui ont suivi ont bouleversé ma vie à jamais. Ma fille est née au début de mon huitième mois de grossesse. Une prématurée, arrivée trop tôt, mais heureusement, tout va bien pour elle aujourd’hui. À l’époque, j’étais partagée entre la peur, la fatigue et la joie immense d’être enfin maman. Mais je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait encore.

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Une césarienne compliquée

L’accouchement s’est fait par césarienne d’urgence. Je me souviens encore de la tension dans la salle d’opération… Ma tension est tombée d’un coup. Une grosse chute de tension qui a fait paniquer tout le monde. On a réussi à me stabiliser, mais j’étais épuisée, vidée. Les jours suivants, j’ai essayé de récupérer. Je passais mon temps entre la maternité et le service de néonatologie où ma fille était hospitalisée. J’étais encore faible, mais je voulais être là pour elle, tout le temps. Et puis, une semaine plus tard, tout a basculé.

Un AVC post-partum

Ce jour-là, je me souviens avoir ressenti une grande fatigue, plus intense que d’habitude. J’avais du mal à parler, à bouger. J’ai voulu me lever, mais ma jambe droite ne répondait plus. Ensuite, c’est mon bras. Tout est allé très vite : appel des secours, examens, urgence absolue. Le verdict est tombé : j’avais fait un AVC.

Un accident vasculaire cérébral, seulement 7 jours après mon accouchement. Je n’arrivais pas à y croire. Comment cela pouvait-il m’arriver, à moi, si jeune et « en bonne santé » ? Mais le plus dur, ce n’était même pas la douleur physique. C’était de me dire que je ne pourrais peut-être plus jamais prendre ma fille dans mes bras.

J’ai dû réapprendre à vivre

Aujourd’hui, plusieurs mois se sont passés. Je remarche à peu près, pas encore parfaitement, mais je progresse. En revanche, j’ai perdu l’usage de mon bras droit. C’est un deuil à faire mais surtout, c’est un combat quotidien. Chaque geste est devenu une épreuve : s’habiller, se coiffer, faire à manger, porter ma fille… Mais j’apprends à m’adapter. Je découvre une autre version de moi-même : plus lente certes, mais aussi plus consciente et plus forte encore.

Je ne vais pas mentir : il y a des jours où je craque. Des jours où je pleure parce que je me sens diminuée, parce que j’en ai marre d’être dépendante, parce que je me demande « pourquoi moi ? ». Mais il y a aussi des jours où je souris, où je me dis que je suis en vie, que ma fille est là, et que c’est tout ce qui compte.

Cet AVC m’a appris à revoir mes priorités. Avant, je courais partout, je voulais tout contrôler, tout prévoir. Aujourd’hui, je savoure les petits moments. Un sourire de ma fille, un café, une balade en famille… Ce sont des choses simples, mais ce sont devenues mes vraies victoires. Je sais que je ne redeviendrai jamais « comme avant », mais j’avance à mon rythme.

Et surtout, j’ai envie que d’autres femmes sachent que ça peut arriver. Un AVC post-partum, c’est rare, mais ça existe. On ne parle pas assez des complications après l’accouchement, de ces mamans qui frôlent la mort en donnant la vie alors je veux que mon témoignage serve à ça : libérer la parole et rappeler que, même dans les pires épreuves, il y a toujours une lumière. J’ai trouvé la force de me relever. Aujourd’hui, je ne suis pas seulement une femme qui a fait un AVC, je suis une maman vivante, debout, et pleine d’amour, et ça, personne ne pourra jamais me l’enlever ! 

Prévention : les signes d’un AVC post-partum à connaitre 

Si les AVC post-partum sont rares, ils existent tout de même. Ils peuvent survenir dans les jours ou les semaines qui suivent l’accouchement à cause des changements hormonaux, de caillots, de chutes de tension ou d’autres complications. Voici quelques signes d’alerte à ne jamais ignorer :

  • Faiblesse soudaine ou paralysie d’un côté du corps (bras, jambe, visage).
  • Difficulté à parler ou à comprendre.
  • Maux de tête violents et inhabituels.
  • Troubles de la vision.
  • Vertiges, perte d’équilibre, fatigue extrême inexpliquée.

En cas de doute, appelez immédiatement le 15 (ou le 112). Sachez que chaque minute compte. Une prise en charge rapide peut sauver des vies et limiter les séquelles. Et surtout, faites confiance à votre ressenti. Si vous sentez que quelque chose ne va pas après votre accouchement, parlez-en sans attendre. Votre corps sait ! 

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Bonjour, je m'appelle Nathalie. C'est moi qui ai créé ce blog en 2011. Au début, il était exclusivement dédié à l'organisation de mariage, aujourd'hui on y parle également de maternité et de voyages. Je suis maman d'une petite Louise depuis décembre 2015. C'est moi qui corrige et édite vos témoignages. Ce blog est mon travail à plein temps depuis 2012. Vous pouvez m'envoyer vos messages à contact(@)lamarieeencolere.com et n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter pour ne rien rater !

1 comment

  • C’est une histoire folle, comme quoi tout peut arriver. Un AVC si jeune est déjà une tragédie mais en plus juste après l’accouchement, ça vole tellement de choses.
    Je suis contente que les secours ont été appelé rapidement car vous avez raison, plus on attend, plus les séquelles sont lourdes. Vous avez énormément de courage de mener la rééducation et l’éducation de votre enfant de front et j’imagine que c’est pour votre enfant que vous vous battez aussi férocement, pour pouvoir profiter au mieux de chaque moment.

    J’avais lu un livre qui m’a beaucoup marqué sur l’AVC, « j’étais un homme pressé ». Le contexte est complétement différent, c’est un PDG d’un cinquantaine d’année qui fait un AVC et qui a de graves séquelles qui touchent sa mémoire. Le film est sympa aussi mais forcément le livre plus complet. Ca montre sa force pour essayer de lutter contre les diagnostiques initiaux qui disent qu’il en sera plus jamais capable d’utiliser sa mémoire, même pour parler mais aussi sur la grande remise en cause de comment il voit la vie et comment il veut la vivre. Comme vous dîtes, les petites victoires, les choses simples, l’envie de grandi en tant qu’humain et pas seulement au niveau professionnel comme c’était le cas de « avant ».
    Peut-être que ce livre pourra vous plaire, de voir le parcours d’une autre personne qui a subit le même type de cataclysme que vous.

    Les AVC me touchent de près dans ma famille car mes 2 parents en ont fait avec plus ou moins de séquelle, en tout cas après beaucoup de travail.
    Je vous conseille cette chanson : https://www.youtube.com/watch?v=f1dc7wlmrqM à montrer aux enfants aussi car assez entêtante et hyper important pour la réactivité, reconnaître les symptômes le plus vite possible. A l’époque ça m’avait permis de voir direct l’AIT que faisait mon père (même si j’ai cru sur le moment que c’était un AVC, ce qui ne l’a pas empêché d’en faire un vrai quelques années plus tard).

    Je vous envoie beaucoup de courage pour votre rééducation.

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