Vivre la maternité après 45 ans

Par Camille Levesque5 min de lecture

En couple depuis plus de 30 ans, notre lectrice a connu sa première maternité à 46 ans. Elle témoigne sur le blog de cette maternité dite « tardive » mais surtout elle nous parle de cette ambivalence entre connaitre la maternité pour la première et faire le deuil d’une seconde maternité à cause de son horloge biologique… 

Photo de JÉSHOOTS

Enceinte après 45 ans : vivre la maternité et le deuil d’un second enfant en même temps 

Bonjour chères lectrices. 

Je suis Nathalie, j’ai 49 ans et je suis en couple depuis plus de 30 ans avec mon mari. J’ai toujours entendu qu’il n’y avait pas d’âge pour aimer, mais pour concevoir un enfant, ce n’est pas tout à fait la même rengaine. Les années qui passent deviennent, avec le temps, une course contre la montre. Une course que j’ai connue il y a quelques années et que j’ai fini par abandonner. 

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Une histoire d’amour avant de penser aux enfants

Avec mon mari, nous nous sommes rencontrés très jeunes, nous avions 18 ans tous les deux et nous en avons 49 aujourd’hui. Nous avons traversé notre vie ensemble en construisant notre couple mais aussi notre vie personnelle et professionnelle. Un quotidien bien rempli dans lequel nous avons plusieurs fois évoqué le fait d’avoir un enfant ensemble. Nous en avions envie tous les deux mais nous ne trouvions jamais le « bon moment ». Nos boulots, une stabilité financière, la construction de notre maison, nos voyages pour profiter de la vie « avant de… », les années ont passées et le projet bébé a toujours été relégué à « plus tard » sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. 

Jusqu’au jour où la réalité vient me frapper de plein fouet. J’ai 45 ans et je m’effondre sans crier gare. J’accuse mon compagnon d’égoïsme, je pleure en me rendant compte qu’à mon âge, nos chances de devenir parents sont bien plus compliquée, je m’en veux d’avoir passé ma vie à trouver des excuses, des raisons qui à ce moment-là me paraissent être n’importe quoi ! Et puis, en tant que femme, il y a aussi ce côté injuste de se dire que si pour moi c’est trop tard, mon mari lui, en tant qu’homme, peut encore avoir des enfants, alors que moi, le temps joue contre moi et j’ai l’impression que toutes mes chances sont perdues. 

Le miracle : tomber enceinte après 45 ans

Et puis… le miracle. À 46 ans, malgré toutes mes peurs, malgré mes doutes, je suis tombée enceinte. Ma grossesse a été marquée par de gros soucis de santé, notamment une pré-éclampsie. Rien n’a été simple mais j’ai tenu bon, j’ai affronté chaque épreuve, chaque hospitalisation, mais aussi les regards inquiets des médecins qui ne sont pas très rassurants, jusqu’au jour où mon fils est arrivé ! Mon trésor. Celui que j’attendais depuis si longtemps sans le savoir. Aujourd’hui, il a trois ans et il est mon miracle, ma plus belle victoire sur la vie ! 

Le désir douloureux d’un deuxième enfant

Sauf que… je ne suis pas en pais. Depuis la naissance de mon fils, je rêve d’un deuxième enfant. Un désir viscéral que je sais impossible à présent. J’ai choisi de me faire suivre par une psychologue mais je traverse encore des crises de pleurs, je jalouse encore les femmes qui ont la chance d’avoir une fratrie, alors que je sais que ce n’est pas leur faute et que c’est nous qui avons fait les mauvais choix, mais je ne peux pas encore m’en empêcher, mais comme on dit « je me soigne » ! Je me soigne parce que j’en veux à mon mari de ne pas avoir réagi lui non plus, parce que si nous avions tenté plus tôt, nous aurions peut-être pu agrandir notre famille…  

Alors oui, je sais que je dois déjà m’estimer chanceuse d’être tombée enceinte aussi rapidement lorsque j’ai eu ce tilt de la maternité en moi, j’ai conscience que la vie nous a fait un immense cadeau, mais on sait tous aussi que les grossesses tardives sont considérées à risque, les médecins nous l’ont répété sans cesse lors de ma grossesse et j’ai vraiment eu peur de perdre notre bébé lorsque j’étais enceinte… Donc je balance entre la gratitude d’avoir mon fils et mon deuil d’un second enfant. 

Si je raconte tout ça ici, c’est pour les femmes qui pensent avoir le temps. Pour vous faire réaliser que le temps n’est pas toujours notre allié, alors réfléchissez à vos choix pour aujourd’hui mais aussi pour demain… 

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

4 comments

  • Juste 2 petites remarques car vous en voulez à votre mari et vous considérez que lui pourra toujours avoir des enfants mais pas vous. Cette option est physiquement possible pour lui c’est vrai, mais n’oubliez pas qu’elle est possible uniquement s’il n’est pas avec vous. Si vous vous aimez toujours profondément, elle devient aussi impossible pour vous que pour lui.
    Enfin, à moins qu’il ait refusé pendant des années un enfant, ce qui ne transparaît pas dans votre témoignage, vous êtes autant responsable que lui, ne lui faîtes pas porter le chapeau entièrement. Vous êtes un couple et vous avez pris ces décisions, en en parlant ou en sous-entendu, ensemble. C’est très bien de voir quelqu’un, travaillez sur vous pour comprendre pourquoi vous, personnellement, avez autant retardé le moment. Ce sont probablement des bonnes raisons.

    J’ai 37 ans et un enfant de 5 ans, je vois aussi cette horloge, j’en aurai voulu un 2ème mais pas mon mari, on en a discuté 2 ans puis j’ai fait une thérapie de couple et maintenant je vois quelqu’un seule. C’est très dur de gérer les regrets et d’accepter la situation. Il y a un tas de raisons pour l’une ou pour l’autre option qui sont autant valables. Mais une fois qu’une décision a été prise, il faut se concentrer sur tous les aspects positifs de cette décision pour éviter les regrets.
    Bon courage dans cette quête.

  • Je ne crois pas que je jugeais soit le but ici. Je comprends votre souffrance, votre parcours est difficile, celui de Nathalie aussi. Vous êtes en souffrance toutes les 2. Ce n’est pas comparable.
    Elle vient témoigner, alerter les femmes sur ce qu’elle vit pour éviter que d’autres vivent la même chose.
    Je vous souhaite, à Nathalie et vous, Lububu, de vivre de très beaux instants avec vos enfants. Dans les 2 cas, vous les avez voulu, desiré, profitez en.

  • Quand tu lis « je jalouse les femmes qui ont la chance d’avoir des fratries », alors que moi à 27 ans, j’ai mis 4 ans à avoir mon fils par le biais de 3 FIV et que la dame est tombée enceinte naturellement, après s’être réveillée à l’âge de 45 ans, et qu’elle râle de ne pas avoir de 2eme enfant…

    • Je crois surtout que Nathalie s’en veut à elle-même de ne pas avoir réaliser plus tôt qu’elle avait mal agencé son calendrier. Parfois on ne voit les possibilités que quand elles sont déjà derrière nous et on regrette. Le regret, c’est difficile à gérer et elle se donne les moyens. Vous êtes aussi très dure dans votre jugement.
      Vous avez eu du mal pour le premier, vous ne savez pas ce qu’il pourrait vous arriver pour le 2ème. Ca arrive que ce soit plus dur mais aussi que ce soit plus facile. Vous n’avez « que » 27 ans et vous avez encore des options devant vous. Elle n’a que des portes closes et des regrets, vous pouvez aussi comprendre son désarroi, même si elle s’est mise toute seule dans la situation. C’est justement là qu’on a les plus forts regrets contre soi-même.

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