Mon bébé miracle dont il ne veut pas 

Par Camille Levesque5 min de lecture

Certaines histoires relèvent du miracle et viennent bouleverser des vies… Celle de notre lectrice en fait partie. Après un long parcours en PMA qui semblait condamner toute possibilité d’enfant naturel, elle découvre qu’elle est enceinte de son bébé miracle, naturellement. Malheureusement, la joie est de courte durée pour elle lorsque son mari lui explique clairement qu’il ne souhaite pas de ce bébé, jugé trop rapproché de leur fils de 19 mois. Dans son témoignage, elle partage ses émotions, ses doutes et ses choix impossibles à prendre… 

Photo de Amina Filkins

Enceinte naturellement, il ne veut pas de ce bébé miracle

Je ne sais pas par où commencer… J’ai peur que mes mots soient maladroits, que mon histoire paraisse folle, ou pire, que l’on me juge. Mais je dois l’écrire, parce que je n’ai personne d’autre à qui le dire, et que je suis seule face à ce tourbillon.

Je m’appelle Élise, j’ai 32 ans, et je suis maman d’un petit garçon de 19 mois. Un petit garçon que j’aime et qui est le centre de mon monde depuis sa naissance. Mais ce monde, je viens d’apprendre qu’il pourrait basculer à nouveau. Parce que je suis enceinte… naturellement. Un bébé miracle !

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Vous ne comprenez peut-être pas. Moi non plus, je n’y crois pas encore. Pendant des années, les médecins m’ont répété qu’avoir un enfant naturellement serait impossible. Nous avons traversé la PMA, les piqûres, les espoirs qui s’effondrent en quelques secondes, les larmes et les nuits à rêver d’un bébé qui ne venait pas. Et puis, là, sans prévenir et sans protocole médical, mon corps m’a offert ce bébé miracle. Je devrais être heureuse, je devrais sauter, pleurer de joie, danser dans ma cuisine… Mais ce n’est pas le cas.

Parce que lui… mon mari… il ne veut pas de ce bébé. Il dit que c’est trop rapproché. Que nous avons déjà un enfant si petit, que c’est égoïste de ma part, que notre vie serait bouleversée. Je l’écoute et je l’entends, et pourtant, la colère monte en moi. Une colère et une tristesse mêlées à un amour immense pour cette vie qui grandit en moi. Comment peut-il ne pas vouloir ce que moi, j’ai tant attendu et cru perdu ?

Chaque jour, je me réveille avec ce conflit dans ma tête. Un jour, je rêve d’accueillir ce bébé dans mes bras, de voir mon fils devenir grand frère. Le lendemain, je pleure, je doute, je me sens trahie. J’ai envisagé de partir, de le quitter pour protéger cette grossesse et ce futur enfant. Mais comment faire ? Comment élever seule un bébé alors que tout est déjà compliqué avec un enfant en bas âge ? Comment faire une garde alternée de deux enfants de lui avec un seul qu’il reconnait ? 

Je me sens coupable, aussi. Coupable de désirer ce bébé, coupable de ne pas écouter l’homme que j’aime depuis toujours. Pourtant, je ne peux pas trahir mon corps, ni ce petit être déjà en moi. Il est là, réel, malgré tout. Et si je renonçais, si je le perdais à cause des choix de quelqu’un d’autre, est-ce que je pourrais me le pardonner un jour ?

J’essaie de parler, de communiquer avec lui. J’essaie de comprendre. Il me répète encore et encore que ce n’est pas contre moi, que c’est juste trop tôt, que nous avons déjà une vie à gérer avec notre fils. Mais moi, j’ai l’impression qu’il nie un miracle. Qu’il refuse ce que mon corps, ma patience et mon espoir ont attendu pendant des années. Je me sens seule, incomprise, et parfois effrayée par cette décision qui n’est pas la mienne.

J’écris ici parce que j’ai besoin de parler, parce que peut-être certaines d’entre vous ont vécu la même situation, ou la comprennent. Peut-être que certaines m’aideront à trouver des mots, à trouver la force de faire un choix qui sera le bon pour moi et pour ce bébé. Je ne sais pas encore si je garderai cet enfant seule ou si j’attendrai que le dialogue s’ouvre. Je ne sais pas si je pourrai continuer avec lui en sachant qu’il refuse ce miracle. Mais je sais que je dois écouter mon cœur et mon corps parce que ce bébé a déjà trouvé sa place, même si nous, adultes, ne sommes pas prêts à l’accepter. Et je me dis qu’un jour, peut-être, nous trouverons un chemin. Peut-être que mon mari finira par comprendre, ou peut-être que je devrai tracer seule cette route. Mais pour l’instant, je dois protéger ce miracle, je dois honorer la vie qui grandit en moi, et continuer à aimer mon fils comme je l’ai toujours fait.

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Je ne sais pas comment cette histoire se terminera. Mais je sais que partager mon expérience, même ici, peut aider d’autres femmes à se sentir moins seules. À se rappeler que parfois, le miracle se présente dans la vie alors que tout semblait perdu… et qu’il mérite d’être respecté, aimé, et accueilli, quoi qu’il arrive…

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

8 comments

  • Est-ce que votre mari se rend compte du chemin que vous envisagez de prendre, ie garder le bébé et vous séparer de lui ? Car je vois bien que vous ne voulez pas le mettre face à un ultimatum et c’est tout à votre honneur. Mais peut-être ne comprend il pas à quel point ce bébé est important pour vous ? Le texte donne l’impression que vous vous posez beaucoup de questions sur l’organisation en cas de séparation mais pas du tout de discussion avec lui sur cette éventualité.

    Je comprends tout à fait votre désir de le garder. C est vraiment la vie qui a pris sa place ici. Si ça se trouve vous aviez fait le deuil d’un 2eme au fond de vous, en tout cas vous pensiez que vous auriez d’immenses difficultés à le concevoir pour peu que ça marche. Et vous savez que si vous renoncez à ce miracle, vous n’êtes pas sûre qu’il y en ait un 2eme.
    J’ai l’impression que votre mari n’est pas fermé à un 2eme mais pas tout de suite. S’il se rend compte de ce que vous seriez prête à faire, il réfléchirait peut-être différemment.

    Moi j’avais fait mon deuil d’un 2eme, pas pour des problèmes de conception mais parce qu’il n’en voulait pas. J’étais très malheureuse de la situation et on a fini par faire une thérapie à 2. La conclusion a été qu’il n’était pas 100% contre mais qu’il appréhendait beaucoup de le changement de rythme que ça impliquerait. Pour ma part j’ai plus ou moins accepté que je pourrais ne jamais avoir de 2eme mais je lui ai dit qu’il devait se charger de la contraception s’il n’en voulait pas. Ne faisant rien, je lui ai aussi dit que je ne suivrai plus mes cycles, que je lui signalerai mes règles mais qu’il se débrouillerait pour savoir si c’est le bon moment. Un retard de cycle de 2semaines plus loin, me voilà enceinte. J’ai beaucoup appréhendé de lui annoncer. J’avais peur qu’il me demande d’avorter. Il a commencé par m’énoncer toutes ses peurs que je connaissais déjà mais il a fini par dire que c’était la vie qui avait choisi de se manifester et qu’il l’acceptait. Et qu’il était aussi soulagé au final car il avait peur que je lui en veuille plus tard, quand ça aurait été trop tard.
    Même si j’avais l’impression d’avoir fait la paix avec le fait de ne pas avoir de 2eme enfant, je trouve après coup qu’il y’avait tout de même un petit fossé qui s’était creusé et qu’il a été comblé avec cette nouvelle. Surtout qu’on en parle sans tabou depuis l’annonce, qu’il est venu même à une écho des 8semaines pour vérifier que tout allait bien et que maintenant qu’on sait qu’il a une malformation importante à opérer à la naissance, il est toujours aussi présent et pas du tout dans le reproche. Je nous sens plus fort.

    J’ai bien peur que si vous vous rangez de son côté , que vous avortez et que vous ayez des difficultés à concevoir plus tard, ce fossé puisse être énorme entre vous et qu’il ne s’en rende pas compte aujourd’hui. C’est quelque chose à bien discuter ensemble. C’est une vraie épreuve de couple.

  • Je suis tombée enceinte inopinément alors que notre premier enfant avait… 5 mois. C’est mon conjoint qui m’a aidée à accepter cette grossesse en me disant qu’on n’avait pas prévu d’avoir un seul enfant. 14 mois d’écart c’est rock’n’roll au début mais c’est une formidable famille. Votre conjoint a sans doute besoin qu’un tiers parle avec lui.

  • En complément : mon conjoint avait des craintes liées à son temps libre et nous avons discuté de solutions pour le rassurer, un accompagnement extérieur peut effectivement être très utile, pour le rassurer peut etre par rapport à la relation avec votre aîné (il n’est pas égoïste d’avoir un second enfant par rapport à l’enfant plus grand !).
    Et egalement, si vous êtes mariés, la paternité de l’enfant sera automatiquement attribuée à votre mari.

  • Après notre fille (qui avait à ce moment là 2,5 ans) et malgré ma contraception (stérilet cuivre), je suis tombée enceinte. Je voulais un second enfant, mon mari plutôt pas mais j’avais reporté le sujet en attendant que notre fille grandisse. A la découverte de la grossesse, mon mari voulait que j’avorte. J’étais tellement heureuse d’être enceinte et surtout j’ai vu le bébé déjà formé de deux mois à l’échographie de datation… impossible d’envisager un arrêt de la grossesse, j’étais prête à toutes les alternatives, même prendre deux logements séparés pour permettre une vie de famille atypique, voire être maman solo même si ça m’effrayait beaucoup … les débuts de grossesse ont été tendus mais mon conjoint a de lui même commence à m’accompagner aux échographies, il s’est habitué à l’idée et aujourd’hui il aime ce petit bébé autant que notre aînée et sans restriction. Evidemment il s’agit de ma situation individuelle, et je ne peux que vous souhaiter que tout s’arrange pour le mieux pour vous dans votre configuration. Plein de courage en tout cas et tout de même, c’est un très beau miracle !

  • Je ne dis pas ça pour aider dans la décision qui vous appartient mais je me demande si la nature ne devrait pas prevaler ici.
    Dans le sens où dans notre société moderne on a tendance à prendre des décisions logiques et utiles mais la vie n’est pas ça. Et les femmes surtout enceintes ont cet accès à la vraie nature de la vie, que ne ressentent pas les hommes facilement (ça dépend lesquels).
    Ce bébé est miraculeux, se dire « hm ce n’est pas le bon moment » est peut être un faux luxe donne par notre illusion de notre vie civilisée. Je crois que les hommes devraient parfois faire confiance a l’intuition des femmes pas parce qu’ils ont tord, mais parce qu’ils ne savent peut être pas reconnaître quand la nature prévaut sur le luxe du choix du moment parfait.

    Encore une fois je ne sais pas si ça aide car ce n’est pas un conseil plutôt un angle de réflexion.

  • C’est une situation très compliquée. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise envie ni décision. Toi et ton mari avez tous les 2 de bons arguments, tout est une question de ressenti, de sentiment.
    Avoir un enfant dont on ne veut pas c’est vraiment très dur, ca peut détruire une vie.
    Mais avorter d’un enfant dont on rêve c’est vraiment très dur, ca peut détruire une vie.

    Comme Marguerite j’essaierai de me faire aider par un professionnel. Peut être que les plannings familiaux peuvent vous aider dans cette situation.
    J’essaierai aussi de parler avec des gens qui auraient des enfants avec le même écart que vous auriez. Ca vous permettrait peut être de voir si ca conviendrait ou non à votre famille.

    Personne ne peut t’empêcher de faire ce que tu veux avec ton corps (on a de la chance pour cela).
    Mais tu ne peux pas empêcher ton mari de mal le prendre.
    Quelque soit votre décision de couple, je vous conseillerai de prévoir une bonne contraception et que monsieur soit en charge de la contraception vu que c’est lui qui ne veut pas d’un nouveau bébé.

    Courage à toi !

  • Votre témoignage est vraiment touchant. Vous avez je pense déjà fait votre choix. Je ne sais pas si votre mari est réceptif à l’idée, mais peut être que cela serait intéressant de vous faire aider. Discuter à trois avec un professionnel, un tiers professionel de confiance, vous permettrait peut être de poser les mots et de réfléchir ensemble à ce qu’il faut faire. Bon courage à vous et à votre famille !

  • Bonjour,

    En vous lisant, je me dis que votre réponse vous l’avez déjà, votre décision est prise. Et oui, c’est un miracle!
    Votre mari semble ne pas( encore) prendre la mesure de ce miracle. Ses arguments sont ceux d’un parent qui discute planification sans aucun bébé en route et sans difficultés, sans parcours PMA. Mais la vie n’est pas un tableau excel, ce n’est pas de la gestion de projet. Les miracles ne viennent pas pile poil le mois qui nous arrange! Combien d’enfant souhaitiez vous? Votre mari est sans doute anxieux, un peu rigide, planificateur, la tête dans le guidon. Mais si je compte bien, il y aura 2 ans d’écart entre les 2 enfants. Ca me parait très commun. Vous ne pouvez pas contrôler ce qu’il pense ou veut. Mais tel qu’est votre parcours, vous ne pourriez jamais, je pense, lui et vous pardonner de ne pas vivre cette aventure. Courage! Prenez soin de vous, entourez-vous de douceur!

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