Le témoignage d’un homme en parcours PMA

Par Camille Levesque7 min de lecture

La PMA, ce n’est pas qu’une histoire de femmes. C’est aussi une épreuve pour les hommes, souvent relégués au second plan, qui vivent la frustration, l’impuissance et la peur de décevoir. Sylvain nous livre ici un témoignage sincère, lucide et drôle à la fois sur son parcours pour devenir papa avec sa compagne. Entre erreurs administratives, examens médicaux, espoirs déçus et petits miracles, il nous raconte sans détour les montagnes russes émotionnelles qu’ils ont traversées ensemble…

Photo de Glauber Torquato

PMA : le témoignage d’un homme qui a vécu le parcours du combattant pour devenir papa

Bonjour, je voulais commencer par dire merci à ce blog et à ceux qui témoignent !

Moi c’est Sylvain, et avec ma compagne Céline, on a le même âge et on a profité de notre anniversaire des 33 ans pour faire sauter le stérilet quelques jours après, dans la bonne humeur générale et après avoir fini 3 ans de travaux éprouvants pour créer notre chez-nous par nous-même.

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Beaucoup de témoignages du site racontent des histoires similaires : l’étonnement de ne rien voir arriver, un gynéco qui renvoie vers un spécialiste, de nombreux examens sans réels conseils, juste des résultats, et un couple balloté sur les montagnes russes des émotions.

Mais ce que j’ai ressenti surtout en tant qu’homme, c’est la frustration de ne pouvoir rien faire : beaucoup d’examens pour Madame, une gynéco qui ne me regarde même pas alors que pourtant je fais l’effort de me déplacer, un problème de varicocèle pris en compte ultra tardivement (après 3 IAC et finalement « ça ne changera rien ») et quand on pose la question « est-ce qu’on peut faire quelque chose ? », on nous répond gentiment que non, alors qu’après coup, en lisant sur internet, des études montrent que l’homme peut agir, il faut juste le savoir…

Pour en revenir à notre expérience, on fait notre premier rdv, et… patatra, on était pas préparés, on croyait juste prendre des pilules (bande de naïfs 😀 )… et sous le choc, une fois à la maison c’est très lacunaire et la documentation reçue ne contient pas de dates… donc on fait confiance au médecin…

Madame fait les examens, l’attente est longue mais on a un objectif. On commence les piqures pour une IAC, on se présente au labo pour le recueil… re-patatra, cette blague ! On a « oublié » de passer le rdv obligatoire à l’époque avec le biologiste, le recueil nous est refusé… 3 nouveaux mois à attendre et sur-stimulation, trop d’ovules, l’insémination (IAC) nous est à nouveau refusé, de rendez-vous en rendez-vous on a les nerfs en pelote…

La question se pose à nous : il y a trois ovules et la gynéco nous demande de remettre le préservatif… va-t-on écouter ? Il faut répondre et vite : prend-t-on le risque d’avoir des triplés ? De toutes façons si on va en FiV on nous reposera la question au moment de transférer trois embryons… On est sage, on se protège 🙂 … Bref, s’en suivent plusieurs IAC infructueuses où je ramasse ma compagne à la petite cuillère après chaque resultat de prise de sang et où on regrette de s’être protégé même si ça n’aurait sans doute rien changé (si ça n’a pas marché depuis 2ans, comme par magie là ça irai ? haha c’est bon de croire au Père-Noël 😀 ). Malgré le doute, je trouve mon rôle invariablement en réconforteur attitré de ma compagne.

Après plus d’un an et demi, la bonne nouvelle arrive, mais comme les autres, on n’ose pas se réjouir et le risque de fausse couche est la prochaine étape à passer… les mois passent et je ne me réjouis toujours pas… ma compagne commence à être contente et accouche dans le bonheur.

Je suis tellement marqué par la PMA que je lui propose 4 mois après la naissance de s’inscrire et retenter pour le deuxième, vu le délai d’attente… ce qu’elle refuse : un répit de bonheur, elle en a bien besoin.

Après 6 mois d’essais au lit infructueux (je n’ai pas forcé pour la PMA vu le moral de ma compagne, pas assez fou pour me frotter au lion), la deuxième PMA commence avec la réponse cinglante de la gynéco : « vous pensiez vraiment que ça allait venir tout seul?! » Bref rebelote… et après 1an, j’en ai marre et je commence à me documenter. J’applique les théories des dernières études, on déménage… et ça marche dans la foulée, le bébé naît 3 ans après le premier, on ne saura jamais pourquoi… Mais on est heureux !

C’est peut-être ça le plus dur finalement en tant qu’homme : des résultats cliniques toujours « moyens mais ça va » qui me rappelent à chaque IAC que malgré tous mes efforts pour vitaliser mon côté du jeu je suis « moyen »… Heureusement ma compagne me rassure, même si moralement et pour notre couple, c’était plus dur que nos 3 ans de travaux.

Donc si c’était à refaire, suivez le processus en notant bien les RDV et examens obligatoires, mais surtout suivez les dates de péremption des différents examens/RDV, laissez vous porter par le process et faites-vous confiance : changez de crèmerie si on ne vous propose pas d’aller en FiV 7mois après le premier RDV. Et là les mecs c’est votre rôle de proposer de prendre le risque de perdre 2 mois à s’inscrire en parallèle dans un autre centre en cas d’attente trop longue…

Par contre, pour le moral, le fait d’essayer d’optimiser les choses donne un rôle actif à l’homme… C’est super valorisant mais il faut que ça vienne de lui… Car les résultats ne seront pas forcément aussi élevés qu’espérés, mais ça évite de se prendre les analyses en pleine face sans rien faire… Et c’est une histoire de couple : les méthodes d’optimisation présupposent la masturbation masculine afin d’éviter de charger mentalement le calendrier des rapports sexuel du couple, il faut donc pouvoir en discuter ensemble. Les rapports sont là pour prendre du plaisir car on en a envie, pas en tant que « médicament » et les « compléments » ne devraient pas être problématiques, d’autant qu’ils peuvent « assurer » une qualité constante, même dans les périodes où on a moins envie de câlins, ce qui peut arriver au cours de la PMA.

J’ai toujours eu du désir pour ma compagne, et la laisser tranquille car on s’engueule, elle est fatiguée ou je rentre tard du boulot c’est un « confort » de ne pas être contraint à un rapport dans ces cas-là… C’est déjà tellement dur à vivre, qu’on ne doit pas s’engueuler en plus pour ça, croyez-moi, il vaut mieux en parler au plus tôt.

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La PMA est une expérience dont on ressort changé : les autres couples pourront difficilement comprendre. Alors accrochez-vous, ça va secouer, mais pas autant que courir après un bébé qui vide les placards !

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

1 comment

  • Très beau témoignage, on sent beaucoup d’amour dans le couple et un esprit constructif. N’oubliez pas le premier, qui dans le récit n’a l’air qu’un point d’étape. C’est pourtant l’arrivée d’un premier enfant, un évènement majeur, merveilleux, fondateur et magique!

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