{Blog Claire} Je pensais être heureuse pendant ma grossesse…

Par ClairettededieMis à jour le 10 min de lecture

Bonjour ! Moi c’est Claire, j’ai la trentaine et maman depuis 2021 d’une petite puce. Grossesse, accouchement, devenir maman, futur mariage (si Monsieur se décide un jour ^^)… sont des sujets sur lesquels je témoigne pour peut être aider d’autres femmes et aujourd’hui je vous parle du fait que je pensais être heureuse pendant ma grossesse où et de la réalité qui fait que ce n’est pas toujours aussi génial que ce que l’on voudrait nous faire croire…

femme qui pensait être heureuse pendant ma grossesse et qui regarde avec émotion les échographies de son bébé
Photo de Pavel Danilyuk

Etre heureuse pendant ma grossesse, je l’ai longtemps attendu

Ha la la, la grossesse, ce moment magique et magnifique où passé les 3 premiers mois tu es censée rayonner, être heureuse et reconnaissante de ton état ! A priori cela est vrai pour la majorité des femmes mais on en parle de la minorité de celles qui ne vivent pas cela ? Oh non car dans les magazines une future mère qui, passée ses 6 mois de grossesse vomit toujours ou n’a pas un gramme de ventre on ne veut pas forcément en parler.

Et bien dans cet article je vais vous parler de ma grossesse qui est loin de ce rêve et qui j’espère vous permettra de vous reconnaître et de continuer à tenir car… oui ça vaut le coup ! Même si cela est long et dur. Attention, quand je dis que je pensais être heureuse pendant ma grossesse, ça ne veut pas dire que je ne l’ai pas été, mais je m’attendais à être bien plus épanouie que ce que je l’ai été à cause des différentes contraintes…

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Car oui c’était long ! Le nombre de personnes qui m’ont dit : « profites en, cela passe vite ». Profitez de quoi concrètement ? Pour ma part, je n’ai pas eu la chance d’avoir une grossesse agréable, pour ma part, après la date du 3ème mois plein (que j’avais notée bien entendu), les nausées sont restées, chaque jour, chaque nuit, sans répit, sans partir. Avoir envie de vomir h24 certes on s’y habitue mais cela n’est pas plus agréable, juste plus supportable à force ! Les vomissements ? Avec un traitement ils étaient moins nombreux mais sans traitement … on n’en parle pas ! Alors ces 8 mois (car le 1er mois j’ai été épargnée), ont été longs, très longs, parfois le temps passait au ralenti. Je me disais « J’en suis seulement à 5 mois… ».

Cette grossesse, cela faisait des années que je l’attendais (32 ans au compteur, quand on se voyait à 25 ans avec au moins 2 enfants on est loin de tout cela). Et surtout cela faisait des années que je l’imaginais agréable : un beau p’tit ventre, la joie de vivre, le bonheur le vrai. Mais non, je n’ai pas été heureuse pendant ma grossesse, sur le fait de la vivre. Avoir un bébé me rendait heureuse sur le principe mais vivre la grossesse a été tout le contraire.

J’essayais de pas le montrer, je pleurais seule, devant la télé, sous la douche, en promenant mon chien. Pourquoi ? Car comment justifier sa tristesse quand tu as finalement ce que tu voulais, quand tu peux être enceinte alors même que certaines de tes plus proches amies n’y arrivent pas ? Culpabilité de ressentir cela face à elles, face à la société qui te rappelle que ce n’est pas « normal » d’être encore malade à 5 mois, 6 mois …

Alors si tu me lis, c’est peut être que tu passes par là également et j’espère que tu pourras prendre ce recul que je n’ai pas toujours eu pour penser « oui : c’est normal de ne pas être heureuse pendant ma grossesse, c’est normal de ressentir cela, de parfois te dire « et si je n’étais pas enceinte, je ne serai plus dans cet état », c’est normal de jalouser ces femmes qui elles n’ont rien (ou presque) et de te dire que tu n’as juste « pas de chance »… » Tu as le droit de ressentir ces émotions même si on te dit « il y a toujours pire en grossesse ». Oui, il y a toujours pire, comme dans tout ce qu’on vit chaque jour : tu peux toujours te comparer à « pire » mais tu as le droit aussi de te comparer à « mieux » et te dire que tu envies ce « mieux » que tu ne peux pas avoir … sinon, pourquoi une personne se plaindrait de migraines alors qu’une autre personne meurt du cancer ?

Ma grossesse a été difficile dès le jour où je l’ai apprise : un signe ? J’avais le test (positif) dans ma main depuis 3 minutes quand mon père m’a appelé pour m’annoncer la mort de ma grand-mère. « Une vie pour une autre ». Oui certes mais un deuil dès les premiers jours où tu dois être heureuse, 2 jours avant Noël évidemment. On fait son deuil car il faut le faire et on se dit que bébé est tout petit, qu’il n’y a pas d’impact.

Puis s’en suivent des semaines encore plus difficiles. Au-delà d’avoir les vomissements à gogo qui apparaissent, j’ai dû gérer des hospitalisations nombreuses de mon père atteint d’un cancer et surtout.. gérer, gérer et gérer. Niveau de stress à gogo, tension à plat, nausées, vomissements, fatigue…. « Prends du recul, tu ne peux pas gérer tout cela, tu es enceinte fais attention ». Ces remarques attentionnées mais tellement en dehors de la réalité que tu vis n’aident pas. Donc tu continues et là, tu culpabilises, tu culpabilises de ce que tu ressens, tu te dis que cela aura un impact sur le bébé et que tu es déjà une mauvaise mère avant même de l’avoir …

Et puis la situation se calme et tu arrives à prendre du recul, tu lis des articles et tu vois que non, cela n’aura pas d’impact sur ton bébé et surtout, tu te rappelles que tu as fait de ton mieux et que cela n’était pas humainement possible de prendre du recul de la situation malgré ce qu’on me disait car je ne sais pas faire tout simplement, car c’est facile de dire « prend du recul, arrête de faire ci et ça » mais dans la réalité, non ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

Mais bien sûr les nausées et les vomissements eux sont restés. « Essaye le gingembre ça a super fonctionné sur moi ! » Entendre ce genre de remarque quand tu es malade depuis 4 mois non stop te fait grincer légèrement les dents… comme toi j’ai tout essayé ! En 4 mois tu as le temps de faire le tour des astuces et remèdes de grand-mère qu’on te conseille ! Sans succès…. on tente alors l’acupuncture qui peut marcher. L’ostéopathie mais… encore une fois choux blancs : à croire que ton corps veut vraiment souffrir !

Alors on essaye un traitement médicamenteux (cariban // donormyl) : il commence à fonctionner et tu vomis moins, mais les nausées, elles, restent. Tu commences à culpabiliser de prendre un traitement, donc tu essayes de l’arrêter, retour aux enfers des vomissements sans fins, tu réessayes, encore et encore jusqu’à ce que la sage-femme te fasse comprendre qu’il vaut mieux le continuer, pendant toute la grossesse, que de vomir tes repas …

Ce que j’ai donc fait ! Après avoir fait des recherches pour lire que cela n’avait pas d’impact sur la santé de ton enfant. Oui c’était le cas, Elise va très bien et n’a eu aucun souci de santé mais sur le coup, la culpabilité est là quand tu te compares aux amies qui elles n’ont rien eu ou ne prennent aucun médicament car « c’est mieux pour le bébé »…

Moins vomir c’est essentiel mais ces nausées qui ne te quittent plus : quelle horreur, quelle galère, je salue les personnes malades qui vivent ainsi sans porte de sortie… 8 mois entiers à connaître cet état sans une heure de pause, ce qui me faisait tenir était de me dire que ça finirait. Que le lendemain de l’accouchement au plus tard je n’aurai plus cette sensation dans la bouche, dans le ventre, d’avoir envie de vomir et d’être juste « mal ». Alors oui, on me disait « Ce ne sont QUE des nausées, ça va finir, tu as fait le plus dur, je ne sais pas comment tu fais, etc etc », c’est bien beau de dire cela mais ce n’est clairement pas ce que tu as envie d’entendre chaque jour. Et dire aux gens « je vais mieux » alors que ce n’est clairement pas le cas, je trouve cela hypocrite et surtout ça n’aide vraiment pas. Alors on prend sur soi, on serre les dents, on dit que ça ne va pas mais on essaye de ne pas trop se plaindre pour ne pas saouler les gens, son entourage, de toute manière, personne ne peut rien faire. Donc un jour après l’autre, on supporte ce mal constant, on s’y habitue mais qu’est ce que c’est dur. Surtout quand tu vois d’autres femmes enceintes qui elles vont parfaitement bien, font leur sport quotidien, sont en forme …

Et puis, avec les dernières semaines, viennent aussi les derniers maux qui s’ajoutent à cet état que tu supportes depuis si longtemps. Mal de dents, mal aux mains, mal aux pieds, mal au dos, sommeil difficile, mal au ventre, fatigue, pénibilité de chaque mouvement … 

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« Profite surtout après tu seras ko ! » 

Concrètement profiter de quoi quand ta grossesse est loin des grossesses de rêve que tu as pu lire ? Quand tu veux juste que ça finisse ? Nous ne sommes pas toutes égales face à cette épreuve et le fait de ne pas vivre une grossesse heureuse gêne et dérange … et bien moi je l’affiche : la mienne sera vite jetée aux oubliettes pour me concentrer sur ce bébé car si j’y repense vraiment, c’est un goût d’amertume qu’il me reste. Dernier mois, dernier maux, on sert un peu plus les dents qu’avant et on attend. Et surtout surtout… on sourit en public !

Alors voilà, si tu lis cet article c’est que tu n’as pas cette grossesse de rêve, et qu’on te le fasse remarquer ou pas, tu as le droit de douter et de te demander pourquoi. Il n’y a pas de raisons particulières à ce « pourquoi » c’est juste une histoire de chances, de stats …. comme beaucoup de choses de la vie ! Alors surtout accroches toi, pleures si tu en besoin, n’écoute pas les conseils de personnes qui n’ont pas vécu ce que tu vis car elles ne comprendront jamais (même s’il s’agit de tes meilleures amies) et dis-toi que tout cela vaut le coup et que tu « oublieras » ou plutôt, que tu n’y penseras plus après coup car ce petit être t’aidera à chasser ces mauvais moments de ton esprit ! 

Je vais te dire ce que j’avais envie d’entendre à la place des  » ça va passer » ou « tu n’as vraiment pas de chance » ou « tu ne peux rien y faire… » non moi j’ai envie de te dire :  » Courage : tu es une femme forte et courageuse et tu vas y arriver. Un jour après l’autre. Tu vas tenir car tu peux le faire et surtout tu dois le faire pour ce petit être qui grandit en toi. »

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