IVG : j’ai peur de faire le mauvais choix
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Lire l'articleJe ne pensais pas un jour retomber enceinte. Je ne pensais pas un jour avoir à aller chez une sage-femme pour lui demander de procéder à un avortement. Sur moi, mon corps. Alors que je suis déjà maman d’un enfant.
Je ne pensais pas un jour retomber enceinte. Je ne pensais pas un jour avoir à aller chez une sage-femme pour lui demander de procéder à un avortement. Sur moi, mon corps. Alors que je suis déjà maman d’un enfant.
Pour tout dire, je ne pensais pas que je pourrais avoir d’autre enfant. Mon mari ayant été déclaré plus ou moins stérile après un cancer du testicule, les chances étaient plus que minces pour que nous puissions y arriver. Même son prélèvement pour la congélation était si « pauvre » en spermatozoïdes que nous n’avons pas pu en faire un don. Alors retomber enceinte… cela me paraissait impossible. Et puis un jour, un retard de règles. Un test de grossesse positif. L’angoisse. Je ne veux pas de cet enfant. J’aime déjà tellement ma fille, je ne peux pas envisager d’aimer autant un autre bébé. C’est impossible. Je ne serai pas une bonne mère pour lui. je ne veux pas connaître à nouveau l’enfer du RGO, la dépression post-partum… Je ne suis pas assez forte mentalement. L’avortement est un choix personnel. Ce sera ma décision. Mon mari est d’accord. Je me tourne vers une amie qui a déjà le vécu émotionnel de l’IVG. Elle me rassure, elle me comprend et m’épaule. Elle m’explique les démarches. C’est parti.
J’ai commencé par appeler ma sage-femme. Elle ne pratiquait pas l’avortement, elle m’a donc orientée vers une autre sage-femme qui le faisait. J’étais en tout début de grossesse, il faudrait donc un avortement médicamenteux, pas chirurgical. Certaines gynécologues et certaines sage-femme gardent des créneaux disponibles pour ces urgences, sachez-le. Vous pourrez avoir un rendez-vous dans la semaine. Le premier rendez-vous est pour l’échographie. Il est nécessaire de voir si l’embryon est bien placé pour que tout se déroule dans de bonnes conditions. Puis il y a le temps de la réfléxion : ces quelques jours sont obligatoires. Ensuite il y a la prise des médicaments, dans le cabinet de la sage-femme. On se retrouve face à ce comprimé qui va tout arrêter. Suis-je certaine de ma décision ? Oui. Je l’avale. L’avortement devrait se mettre en route le lendemain. J’ai hâte d’en finir. Que tout cela soit derrière moi. L’après-midi même mes beaux-parents viennent chercher notre fille pour que je puisse être tranquille. Ma belle-mère a vécu l’avortement interdit, celui pratiqué « au cintre ». Elle me soutient dans cette épreuve, et je suis consciente de la « chance » que j’ai par rapport à elle. Merci à toutes les femmes qui ont lutté pour que moi, aujourd’hui je puisse le vivre « sereinement » et pas dans l’illégalité. Le lendemain les contractions se déclenchent. J’ai déjà vécu un accouchement alors je sais que ce ne sera pas une partie de plaisir. Mais c’est moins violent que ce à quoi je m’attendais. Et en ressentant ces sensations je me rends compte que très jeune j’ai déjà fait une fausse-couche. Elle devait être très précoce mais c’est exactement la même chose. Cela se fait naturellement. Je suis épuisée mais enfin, c’est terminé.
Je n’ai jamais rien vécu d’aussi dur psychologiquement que l’avortement. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant des jours et des nuits entières. Je n’arrivais pas à croire que cela m’arrivait à moi. Et pourtant j’étais tellement certaine de ma décision. Je ne voulais pas de cet enfant, j’étais certaine que je ne l’aimerais pas, que je n’arriverais pas à m’en occuper. Contrairement à ma fille ce n’était pas un enfant désiré et j’avais peur du rejet que je ressentais déjà. L’avortement est un choix personnel et ma décision était sereine. On a besoin de soutien après avortement. J’en ai parlé à quelques amies et pas mal de femmes autour de moi. Je me suis rendue compte que c’était un sujet extrêmement tabou, alors que c’est une épreuve vécue par tant de femmes.
Pendant plusieurs mois je ne pouvais pas parler de cet avortement sans pleurer. Et pourtant je vous jure que je ne voulais pas de cet enfant et que je n’aurais pas été heureuse de l’avoir. C’est un sentiment bizarre, mais pourtant cette décision était vraiment celle que je voulais. Et que je ne regrette pas. Je n’aurais pas rendu cet enfant heureux. Je n’aurais pas été une bonne mère pour lui. Je le rejetais déjà dans mon ventre, alors ça aurait été quoi après ? Encore une fois l’avortement est un choix personnel, mais il ne faut pas se laisser culpabiliser. C’est notre droit en tant que femme de ne pas subir une maternité non désirée. Des femmes se sont battues pendant des centaines d’années pour ce droit et ce ne doit pas être pour rien.
Mon but ici est de créer un espace où chacune d’entre nous peut se sentir libre de partager son vécu d’avortement, que ce soit une interruption volontaire de grossesse (IVG), un avortement médicamenteux, ou toute autre expérience liée. Vous pouvez déposer votre témoignage dans ce formulaire pour qu’il soit publié dans cette rubrique du blog.
L’IVG est avant tout une décision personnelle, et chaque femme a une histoire personnelle d’avortement unique. Mon témoignage d’avortement volontaire est une part de moi que je choisis de partager pour encourager d’autres femmes à faire de même.
Pour celles qui ont opté pour l’avortement médicamenteux vs chirurgical, chaque choix a ses propres défis et avantages. Dans mon propre témoignage médicamenteux, je souhaite souligner la diversité des expériences et offrir un espace où chaque option est respectée.
Partager son histoire d’IVG peut être un acte libérateur, mais il peut aussi susciter des inquiétudes. Dans mes conseils pour partager son témoignage, je vais aborder des astuces pour une expression authentique, honnête et respectueuse. Publier un témoignage avortement est compliqué. Vous devez ouvrir votre coeur et laisser parler vos émotions. Oui on pleure quand on écrit un témoignage sur l’IVG, c’est normal.
Histoires inspirantes d’avortement : célébrons notre diversité
Mon but ici est de créer un espace où chacune d’entre nous peut se sentir libre de partager son vécu d’avortement, que ce soit une interruption volontaire de grossesse (IVG), un avortement médicamenteux, ou toute autre expérience liée. Certaines femmes tombent enceinte sous pilule ou même en prenant une contraception. Rien ne doit être un tabou. Vous pouvez déposer votre témoignage dans ce formulaire pour qu’il soit publié dans cette rubrique du blog.

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