Baby clash : comprendre la crise de couple après l’arrivée d’un bébé et comment y faire face

Par Camille Levesque9 min de lecture

Aujourd’hui on va parler du baby clash ici ! Parce qu’il y en a marre de mettre sous le tapis ce qu’il se passe à la maison et que beaucoup de couples traversent ! Oui ça existe, et oui je crois que pour pouvoir le traverser, il faut avant tout pouvoir en parler ! Donc même si aucune histoire n’est identique, ces quelques conseils et astuces peuvent tout de même aider à désamorcer certaines situations ! 

bébé dans les bras de sa maman pendant que ses parents vivent un baby clash
Photo de Kenan Zhang

Le baby clash c’est quoi exactement ? 

On ne va se mentir, que ce soit votre premier bébé ou la suite d’une fratrie, lorsqu’on accueille un bébé, il y a toujours un « avant » et un « après ». Parce que c’est une nouvelle organisation, parce qu’il faut que chacun puisse reprendre ses marques et trouver sa place… Sauf qu’entre les nuits hachées, le quotidien à gérer, et les émotions en pagaille, autant dire que c’est un peu le bazar… et dans ce bazar peut naître de l’incompréhension et des tensions. C’est à ce moment-là qu’on parle de baby clash, un concept encore peu connu qui est pourtant une réalité depuis bien années et vécue par énormément de couples de jeunes parents. Alors évidemment, nous on décide de mettre les pieds dedans et d’en parler sans tabou ! 

Attention toutefois à faire la différence, le baby clash ne correspond pas à une dispute de couple passagère mais bien à une situation qui s’installe et qui vient apporter un vrai déséquilibre à votre vie de couple sur différents plans : bien sûr, votre couple, mais aussi votre organisation dans le quotidien, votre intimité, et surtout, votre communication ! Le bébé n’est pas la cause du problème mais plutôt tout ce qui entoure son arrivée et vint jouer sur les nerfs : la fatigue, le manque de sommeil, les attentes, les non-dits, les inégalités… et tout ça qui vient mettre en avant des fragilités qui pouvaient déjà être présentes par le passé et qui remontent à la surface avec le côté émotionnel à fleur de peau. 

Vous l’aurez compris, le baby clash s’installe généralement après l’arrivée d’un bébé au sein du foyer, même s’il peut débuter dès la grossesse avec de premiers désaccords qui émergent. Toutefois, qu’on soit bien d’accord, le pire, c’est vraiment après la naissance ! Les chocs physiques, émotionnels, organisationnels y prennent chacun partie, puis entre les 3 et 12 mois de bébé il s’installe insidieusement en même temps que la fatigue… Sachez néanmoins qu’il n’y a pas de « timing », un peu comme pour un baby blues ! Souvent les premières semaines se passent dans l’euphorie et l’adrénaline qui viennent masquer les tensions, mais dans le temps, le manque de sommeil, la reprise du travail, la routine… tout ça fait que les mauvaises habitudes et le manque de communication s’installe dans le couple et c’est dès lors qu’il faut avoir le déclic d’agir (c’est d’ailleurs pour ça qu’on vous en parle !).

Un tabou encore présent autour du couple 

Alors oui on parle déjà de baby blues, de post-partum, d’éducation positive et bienveillante, mais et le couple dans tout ça ?! Il est souvent relégué au second plan, tout simplement parce que la nouvelle vie avec un bébé prend beaucoup de notre énergie et de notre temps et qu’il est toujours difficile de poser des mots justes, déjà en temps normal, mais alors là, n’en parlons pas ! Et puis je crois que la peur du jugement a aussi tendance à s’inviter au repas ! Le côté « parents ingrats » ou « jamais content » qu’on imagine que les autres pensent si on en parle… Et pourtant en parler n’est pas se plaindre mais juste exposer sa propre réalité. Pourquoi rester dans le mal et dans la solitude d’une situation qui nous fait souffrir alors que la plupart du temps l’autre ressent la même chose, et que bien d’autres couples passent également par là ! 

Les signes qu’un baby clash arrive (ou est déjà présent !)

Pour avoir des amies autour de moi qui l’ont vécu, j’ai pu constater qu’en réalité il y a de nombreux signaux sur différents pans de vie et du quotidien. Et c’est généralement quand les signaux sont dans plusieurs domaines, sur plusieurs sujets, qu’il est grand temps de réagir ! Bon personnellement, chez moi c’est les signaux émotionnels qui ont pris toute leur place : mon côté irritable, ma mauvaise foi quand j’avais l’impression que c’était moi uniquement qui portait toute la charge sur mes épaules, le tout mixé à des émotions décuplées (liées au post-partum) sur la colère, la tristesse… qui me donnait la sensation d’être seule dans mon couple… Mais heureusement, j’ai la chance d’avoir un mari qui parle et qui est bien plus dans la communication que moi… donc il a immédiatement pris les choses en main pour la situation se désamorce rapidement, contrairement à mes amies qui elles s’en sont ajouté : des discussions de couple limitées uniquement autour du bébé et de la logistique de la maison, donc moins de complicité, des reproches de plus en plus récurrents, des disputes qui viennent ensuite jouer elles-mêmes sur l’intimité du couple, parce qu’après t’être disputé, tu as pas super envie d’un câlin… et le cercle vicieux commence… 

Clairement, je suis persuadée que la charge mentale y est pour beaucoup. La plupart du temps, c’est cette impression de répartition inégale des tâches à l’arrivée d’un bébé qui se révèlent être le début des ennuis et qui crée la frustration chez chacun des parents, et au final, c’est la désillusion. Beaucoup de couples idéalisent l’arrivée d’un bébé et peu ont conscience des difficultés qu’on peut rencontrer à la naissance. On pense qu’on va être uni, une équipe de dingue, une co-parentalité super fluide, l’harmonie, la paix, l’amour… Alors oui tout est là, si on l’entretient ! Je dis souvent que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, elle est verte là où elle est entretenue et arrosée. Le couple c’est exactement ça selon moi. Il faut continuer à en prendre soin malgré la spirale dans laquelle on a l’impression d’être aspiré, pour justement qu’elle ne nous aspire pas et qu’on puisse réellement faire équipe et verbaliser les choses pour éviter qu’une distance s’installe. 

Comment on l’évite ? 

PARLER ! COMMUNIQUER ! Pendant la grossesse, tentez de vous organiser. Oui certaines choses devront sûrement être réadaptées, mais au moins vous ne partez pas de zéro et vous savez les envies, les attentes, les peurs et les limites de chacun de vous. Ce ne sera jamais du temps perdu que d’imaginer la suite et que de se confier entre vous sur ce que vous imaginez pour l’arrivée de bébé. Vient ensuite l’après : le post-partum, les nuits, les premières difficultés… Alors oui, de l’amour il va y en avoir ! En pagaille ! Mais il va y avoir aussi bien d’autres choses en plus et c’est ok ! On ne demande à personne de former un couple de co-parents absolument parfait ! Justement, tout le travail est d’accepter l’imperfection de chacun. Non tout ne sera pas équilibré à la tâche près, non votre seuil de patience ne sera pas le même en fonction de votre journée, de votre fatigue, donc non, ça ne sera pas « parfait », mais si vous lâcher cette « exigence », je vous assure que ce sera salvateur pour vous comme pour votre couple afin de préserver votre lien. Demandez-vous sincèrement comment vous allez l’un et l’autre, soutenez-vous dans les moments plus difficiles, communiquez en utilisant le « je », le « tu » tue ! Il amorce les reproches, tandis que le « je » viens exposer votre propre ressenti, vos propres sentiments. On n’accuse pas l’autre, on partage dans le dialogue pour trouver des solutions à votre ressenti à vous. Le but est de pouvoir rééquilibrer votre quotidien sans culpabilité (vous savez, la culpabilité celle qui arrive dans le « pack » en même temps que votre bébé !). Aujourd’hui je le dis haut et fort : demander de l’aide ce n’est pas un échec, c’est une nécessité pour sa propre santé mentale ! Que ce soit au co-parents, à la famille, aux amis… peu importe ! 

Je pense qu’après la naissance d’un enfant, le couple a besoin de créer une nouvelle forme de « nous » où chacun trouve sa place. Et ce « nous » il se construit, tout autant que vous avez construit votre couple dans le chapitre précédent. Il peut s’imaginer différemment, et surtout, il s’ajuste à cette nouvelle vie de famille ! Parce que non, un baby clash ne signe pas forcément la fin du couple, mais peut-être simplement la fin de votre ancienne vision de votre couple. C’est une étape souvent nécessaire pour poser de nouvelles bases plus saines pour chacun de vous, se réinventer et confirmer la solidité de votre couple et de votre amour. Alors parlez de vos difficultés, partagez ce que vous vivez. Les reconnaitre c’est déjà un premier pas pour que tout s’apaise. 

Et vous, vous avez traversé un baby clash après l’arrivée de votre enfant ? 

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