19 ans de relation sans mariage : je doute de ma place dans sa vie

Par Camille Levesque5 min de lecture

Aujourd’hui, on vous partage le récit d’une lectrice qui a souhaité mettre des mots sur une réalité que beaucoup vivent et sur laquelle on reçoit régulièrement vos témoignages. Après 19 ans de relation, 2 enfants et une vie construite à deux, elle raconte ce que signifie aimer profondément sans jamais avoir été choisie officiellement par le mariage. Elle nous parle d’attente, de doutes, de loyauté et de cette impression persistante de ne jamais être « l’évidence ». Un témoignage intime, sans filtre, qui résonnera sans doute chez de nombreuses femmes qui elles aussi attendent ce moment… 

Photo de Photography Maghradze PH

Après 19 ans de relation, je fais une croix sur mon mariage

Bonjour à toutes, 

C’est en lisant ce blog et plusieurs témoignages qui faisaient étrangement écho à mon histoire que j’ai ressenti le besoin d’apporter la mienne, un peu comme un exutoire pour libérer les émotions qui m’habitent depuis bien longtemps…

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J’approche de la quarantaine. J’étais très jeune lorsque j’ai rencontré celui que je considère, depuis toujours, comme l’homme de ma vie. Cela fait maintenant 19 ans que nous sommes ensemble. Notre relation n’a pas toujours été un long fleuve tranquille : distance géographique, tempêtes dans notre couple, séparations professionnelles… mais nous avons tenu bon. Il faut savoir que je suis quelqu’un d’angoissée, d’hypersensible, parfois difficile à vivre j’en ai conscience, mais malgré tout, il est resté. Nous nous sommes rencontrés jeunes, c’est mon premier amour. Pour lui aussi, je suis l’une de ses premières histoires sérieuses.

Comme beaucoup de jeunes femmes, j’ai grandi avec l’idée que le mariage était une évidence. Pas seulement pour le côté fête, mais comme une manière de sceller une union, d’affirmer devant la loi et nos proches que nous étions unis. Même si mes parents ont divorcé après 25 ans, j’ai toujours pensé qu’ils avaient essayé. Et puis, après tout, un couple sur deux continue sa route donc pourquoi pas nous ! 

Mais lui ne voit pas les choses ainsi même après 19 ans de relation. Pour lui, le mariage n’était qu’un bout de papier, incapable de garantir l’amour ou d’empêcher une séparation. Le divorce de ses parents l’a profondément marqué. En revanche, avoir des enfants représentait à ses yeux un engagement bien plus fort. Le PACS ? Non. C’était tout ou rien. Et pendant longtemps, je suis restée à « rien ».

J’ai attendu, longtemps, une demande en mariage qui n’est jamais venue. J’ai espéré, imaginé, projeté. Après 10 ans de relation, un grand voyage m’a fait croire que ce moment arrivait enfin. Je suis rentrée sans bague et avec une dépression naissante, tandis qu’il repartait travailler trois mois. À son retour, j’ai craqué. Je lui ai dit que s’il ne voyait pas en moi la femme avec qui s’engager, je préférais partir. Lui laisser la chance de rencontrer quelqu’un de plus « évident ». Je n’étais pas prête à avoir un enfant sans mariage ni stabilité professionnelle.

Sa réaction m’a bouleversée. Pour la première fois, j’ai vu un homme terrifié à l’idée de me perdre. Lui qui n’exprimait jamais ses émotions m’a montré sa vulnérabilité. Ce fut un électrochoc : je n’avais pas besoin d’un mariage, mais de sentir qu’il tenait à moi. Nous avons réparé ce qui devait l’être et continué notre chemin ensemble. 

1 an plus tard, mon envie d’enfant s’est imposée. Besoin d’avancer, de transmettre, de donner un sens nouveau à ma vie. Notre premier enfant est né, chamboulant tout (la maternité en bref). Puis, pour des raisons professionnelles et administratives, nous nous sommes finalement pacsés, avant sa naissance. Évidemment, sans romantisme et sans symbolique, pour tout vous dire, chaque année nous oublions même la date ! 

Les années ont passé. Un deuxième enfant est arrivé, non sans difficultés. Sauf qu’aujourd’hui, tous autour de nous sont mariés : amis, cousins, collègues. J’ai même marié ma petite sœur, avec beaucoup de joie… et d’envie. Je vis ces mariages par procuration, partagée entre gratitude pour ce que j’ai — une famille, un homme aimant, la santé — et un profond manque.

Après 19 ans de relation, je n’ai jamais réussi à faire complètement le deuil du mariage et avec le temps, des pensées douloureuses se sont installées : ne pas être assez, ne pas être son évidence, être seulement la mère de ses enfants. Je ne porte pas leur nom, et mon fils me demande parfois pourquoi. Je réponds avec douceur, mais cela me serre le cœur. Et le pire dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui, s’il me demandait en mariage, je ne saurais même plus quoi répondre. Je suis fatiguée, souvent inquiète, toujours en attente d’être rassurée. Pourtant, je l’aime. Je suis certaine que c’est le bon depuis ce jour, il y a 19 ans… 

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Hello ! Je suis Camille, Rédactrice web mariage, Community manager, mais aussi Wedding Planner, Officiante de cérémonie laïque et une des organisatrices du Wedd' Challenge (il fallait bien occuper tous les petits gens dans ma tête) ! Dans le mariage depuis 2012, je suis heureuse de partager avec bienveillance et réalité tout ce que je sais de ce joli monde grâce à mes différentes activités. Vous aider et vous accompagner dans la réalisation de votre joli jour me tient à coeur, alors bienvenue à vous chez La Mariée en Colère ! J'ai hâte de lire vos témoignages, vos questions et vos commentaires ! A très vite !

1 comment

  • Malheureusement, ce n’est pas qu’un bout de papier. Il y a 2 enjeux différents dans le mariage: 1/ la fête 2/ la protection du conjoint en cas de décès. Je peux comprendre de ne pas vouloir faire la fête, dépenser de l’argent etc. Mais je ne peux pas comprendre comment on peut tenir à quelqu’un et ne pas vouloir le protéger même après sa mort.

    Peut-être qu’il lui manque les infos sur ce 2ème point. Il y a des tas de témoignages sur le net qui montre à quel point ça peut être impactant sur la vie après le décès du conjoint, qui et déjà un moment très difficile. Lui-même pourrait être embêté en cas de décès de votre part pour la maison par exemple. Tout revient aux enfants. Je vous souhaite d’avoir une excellente relation avec eux toute votre vie car ça sera à leur bon vouloir de vous laisser vivre dans la maison et qu’ils n’aient pas besoin d’argent à cette période de votre vie car ils pourraient forcer une vente du bien même en ayant 25% (en prenant l’hypothèse que vous avez la maison en 50/50). Bref, les exemples ne manquent pas et méritent d’être cités même si la conversation est difficile.
    Et encore, heureusement que vous avez des enfants, car sinon l’héritier sont les parents ou les frères/soeurs si les parents ne sont plus là, c’est encore plus compliqué.

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